Anchya Bamana, une Mahoraise noire, musulmane et RN à l'Assemblée nationale

Après avoir tenté (sans succès) d'intégrer la liste du Rassemblement national aux élections européennes en position éligible, Anchya Bamana a fini par obtenir ce qu'elle revendiquait : l'investiture aux législatives du parti de Marine Le Pen dans la deuxième circonscription de Mayotte.
Cette femme noire et musulmane, professionnelle de santé à l'ARS et ancienne maire de Sada, a remporté son pari en renversant le député LR sortant Mansour Kamardine en obtenant 53,77% des suffrages exprimés second tour.
« Mayotte ne veut pas devenir un camp géant de migrants. Que la France négocie avec un pays tiers, ami, pour gérer ces candidats à l'immigration illégale ! », clamait Anchya Bamana sur son compte Facebook le 29 avril dernier, en se prononçant dans une interview pour l'expulsion des migrants de Mayotte vers un pays qui pourrait être Madagascar.
« C'est une victoire pour le peuple. Ce n'est pas pour Anchya, c'est pour les Mahorais qui veulent un grand changement. Les Mahorais veulent vivre en paix chez eux », a réagi dimanche soir la nouvelle députée RN au micro de Mayotte la 1ère. Pas sûr pour autant que ses promesses de campagne comme la suppression des monopoles dans la grande distribution ou de l'aérien rencontrent un quelconque écho favorable au sein de l'état-major national du RN.
« Protéger La Réunion d'une certaine dérive autonomiste »
Dans la 3ᵉ circonscription de La Réunion aussi, les électeurs ultramarins ont accordé leur confiance à un candidat RN pour les représenter à l'Assemblée nationale. Surtout connu de la population tamponnaise pour ses engagements associatifs, Joseph Rivière a battu le candidat NFP Alexis Chaussalet avec 51,4% des voix dans une circonscription où la sortante de droite, Nathalie Bassire, avait été éliminée au 1er tour.
« Le peuple de la 3ᵉ nous a fait confiance, a fait confiance au RN, m'a demandé de les représenter pour défendre leur pouvoir d'achat, la sécurité, l'agriculture, pour défendre les entreprises, pour défendre l'immigration, pour défendre les familles qui connaissent des difficultés, les familles qui connaissent des violences intrafamiliales, mais aussi pour protéger La Réunion d'une certaine dérive autonomiste », a commenté hier soir Joseph Rivière dans son QG de campagne.
Alors que l'entre-deux-tours notamment a été émaillé par de nombreuses polémiques suscitées par des candidats RN, Joseph Rivière a tenu à afficher une ouverture d'esprit qu'il peinera sans doute à retrouver dans son groupe, sur les bancs du palais Bourbon. « Je ne suis plus aujourd'hui le candidat d'un parti, je suis le député de La Réunion, de toutes les personnes, quelque que soit leur parti politique, quelle que soit leur appartenance religieuse, culturelle ou cultuelle, quelle que soit leur ethnie », a-t-il tenu à rassurer.
Premier député RN élu dans l'histoire à La Réunion, Joseph Rivière n'a pas manqué de se réclamer de Jean Fontaine, qui avait dans les années 1980 rallié le Front national de Jean-Marie Le Pen à l'Assemblée, après avoir été lu sous une autre étiquette de droite.

Joseph Rivière, député de la 3e circonscription de La Réunion.


