Allons faire un carré à la Plaine des Palmistes

Mon choix se porte sur la petite commune de la Plaine des Palmistes, petit village de caractère, à 1h15 seulement de Saint-Denis, où je peux combiner fraîcheur et évasion. Ce n’est pas encore la saison des goyaviers où la foule s’y presse pour ces petits fruits rouges si succulents mais inscrits aux espèces invasives car nuisent au développement de la flore endémique de notre île. Entre tradition, gourmandises et raison écologique, le débat est toujours d’actualité…
L’Est est brumeux avec une pluie fine. Pourtant, c’est un beau soleil qui m’accueille à mon arrivée…et là une grande bouffée d’air pur, je suis déjà ailleurs…les parterres fleuris de couleur vive flattent le regard et répondent au vert des eucalyptus. Là se nichent, en secret, des petites cases colorées aux jardins à la créole...comme sorties d’une carte postale.
A pied, en toute tranquillité, on s’imprègne de cet air pur comme à une fontaine de jouvence, du silence, du panorama pigmenté de vert, de rouge, de jaune qui en met plein la vue et que l’on garde précieusement dans un coin de notre mémoire quand on sera retourné en bas.
Il est impossible d’être là et ne pas aller au Domaine des Tourelles car c’est une toute autre expérience qui s’offre à nous… une expérience que l’on ne fait que rarement. En effet, cette magnifique demeure coloniale avec ses jardins entretenus, outre le fait qu’elle accueille aujourd’hui l’office de tourisme et sa boutique, offre aux visiteurs la possibilité de voir des artistes en activité.
Vous y trouverez de la poterie, de la sculpture, grandes ou petites, des artistes qui, par leur passion, vous expliquent leur art, font vibrer cette petite fibre que nous avons en chacun de nous et qui peut se transformer…en véritable coup de foudre.
Le clou de la visite reste pour moi la rencontre du seul fondeur de bronze de l’île. Si vous arrivez les jours du coulage du bronze, vous aurez la chance d’assister à une technique qui a traversé les siècles.
Des gestes précis, un appareillage sommaire, une force à déployer pour soulever le réceptacle et bien évidemment un équipement adapté contre les brûlures au service de la fusion à très haute température d’un alliage noble, le secret de la rencontre du feu et de la terre, de la liquéfaction et du moule dans lequel il est versé puis refroidit. Et delà nait la sculpture, préalablement moulée par les artistes venus de toute l’île.
Et c’est déjà l’heure de repartir pour éviter ce fléau de la vie moderne : les embouteillages.
Un petit clin d’œil pour finir, toutes les cuisines sont présentes dans ce petit coin de paradis, mais je garderai longtemps le goût devenu rare du plat de guêpes frits.


