Alcool, drogue au volant : "Dans le couple, c'est moi la tête pensante"

Alexandre T. apparaît tout penaud dans l'enceinte du tribunal judiciaire. Deux séries de faits lui pont reprochés. Le 13 juin, puis, plus récemment le 15 septembre.
En juin, il picole, prend la voiture du père de sa femme et part soi-disant acheter une tétine pour son fils qu'il a eu avec son ex-femme. Il quitte la route des yeux pour regarder son téléphone et finit dans le caniveau. Sa femme enceinte tente de se dénoncer à sa place mais des témoins rétablissent la vérité auprès des forces de l'ordre. Controlé à 1,44 g/l d'alcool dans le sang, il est convoqué par la justice car il roule en plus sous le coup d'une suspension de permis.
Fort de cette expérience et déterminé à en tirer toutes les leçons, le 15 septembre il prend la voiture de son père pour aller acheter du lait à son bébé qui a 10 jours, à ce qu'il dit. Sauf qu'une patrouille de police l'aperçoit avec une cigarette artisanale à la bouche, faisant de l'épaisse fumée dans l'habitacle. Il est contrôlé et, sans surprise, est positif aux stupéfiants. "Ma case n'est pas à 2 minutes mais je ne pensais pas être controlé", explique-t-il à la présidente médusée, qui lui répond : "Le problème Monsieur, c'est que vous auriez pu écraser quelqu'un !"
"Il ne doit pas savoir de quoi il s'agit"
Afin de persuader la présidente qu'il ne faut pas l'envoyer en prison, il ajoute benoitement : "Dans le couple, c'est moi la tête pensante, c'est moi qui ramène l'argent. C'est moi qui joue le rôle de "papa-maman" car ma femme vient d'accoucher et elle a des problèmes, elle doit rester allongée".
Agacé, le parquet prend la parole : "Il y a une accumulation de faits en quelques mois et en récidive. Ce n'est pas banal de fumer un joint en conduisant et avec de la fumée dans l'habitacle. Il persiste et ne comprend pas qu'il est suspendu, il s'en fout !", requiert la procureure qui demande 8 mois de prison ferme, l'annulation du permis et 2 ans de conduite sous dispositif anti-démarrage.
"Contrairement à ce qu'il dit, ce n'est pas une tête pensante ! Il ne doit pas savoir de quoi il s'agit", reprend la défense. "Il agit de manière impulsive sans réfléchir à ses actes. La prison a été un électrochoc depuis 2 jours. Une peine avec un sursis probatoire serait plus adaptée car il aurait un accompagnement. On peut lui tendre la main", plaide la robe noire.
C'est la main tendue que le tribunal prononce avec une peine de 8 mois de prison avec sursis probatoire, des obligations de soins et de formation. Il prononce également l'annulation de son permis pour 6 mois et la mise en place d'un dispositif anti-démarrage pour 1 an.


