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Albert Ramassamy: "Rien de nouveau sous le soleil"
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Ecrit par zinfos974 – le jeudi 23 janvier 2014 à 09H38

Les analystes voient dans la conférence de presse de François Hollande, l’amorce d’un tournant nouveau. Moi, pas. J’y vois la répétition de ce qui s’est passé sous François Mitterrand, au cours de son premier mandat et qui lui a permis d’en décrocher un second. Pourquoi ce qui a réussi à un François, ne réussirait pas à l’autre ? Ouvrir la voie à la réussite, tel est l’objet, l’unique objet, de la conférence en question. Jugez-en.En 1981 prônant un socialisme pur et dur François Mitterrand est élu président de la République .Va –t-il tenir ses promesses ? Il les tient et c’est Pierre Mauroy, son fidèle lieutenant qui est chargé d’inscrire les dites promesses, dans les faits, les lois, et dans les esprits par le tapage médiatique. Et il y va : les 35 heures, la 5ème semaine de congé payé etc. Vive le socialisme. La fête dure moins de deux années. Les conséquences fâcheuses, cependant prévisibles ,se font vite sentir et durement. Mauroy n’en peut plus et rend son tablier. Laurent Fabius le remplace, et nomme Pierre Bérégovoy, ministre des finances.
Elu sénateur en septembre 1983, et inscrit au groupe socialiste, je suis présent à toutes les réunions organisées par le dit groupe, aux fins de donner son avis, sur le projet de budget 1985 dont il est saisi par le nouveau ministre des finances. Ce à quoi j’assiste, ressemble par certains côtés à une représentation théâtrale. Je vois des sénateurs pris de panique, il s’agit de ceux qui sont renouvelables en 1986, tandis que d’autres lèvent les bras au ciel et crient leur colère. Tous, s’accordent à se demander si Béré comme ils l’appellent familièrement ne serait pas un « traite », un vendu au patronat .En chœur, ils clament : « Est-ce à nous socialistes de ramener l’impôt sur les sociétés de 50 % à 33 %, alors que nous avons promis le contraire, sans compter d’autres petites mesures de même acabit. Comment expliquer à nos électeurs que pour garder le pouvoir un gouvernement de gauche doit faire une politique de droite ? » Le calme revenu, nous décidons d’envoyer à Béré une invitation à venir s’expliquer .Invitation qui se veut comminatoire, et qui ne l’est que dans notre esprit. Qu’importe ! Deux jours après Béré est là, devant le groupe. Calmement il affronte la…tempête .Puis il prend la parole et voici en substance ce qu’il a dit « oui camarades, le gouvernement Mauroy a fait une politique socialiste qui nous conduisait dans le mur. La droite s’en réjouissait et fondait tous ses espoirs sur notre incapacité à gouverner. Les capitaux fuyaient La France, le chômage montait, des entreprises en nombre anormalement élevé déposaient leur bilan etc. » Et il conclut : « Camarades il faut laisser du profit aux entreprises pour qu’elles investissent, financent la recherche et intègrent dans leur mode de production les technologies nouvelles. C’est le prix à payer pour garder le pouvoir. Et croyez-moi, si nous tombons dans l’opposition, ce sera pour longtemps ».Béré parti, en chœur nous avons conclu que la droite n’a jamais tenu d’autres discours que celui entendu par nous en cet instant.
Oui camarades, voilà ce que veut dire « allez vers l’idéal sans perdre de vue le réel »
François Hollande fait ce que le réel commande.
Albert Ramassamy
Ancien senateur
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