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Agressions sexuelles dans le Sud : Un médecin sous le coup d’une interdiction définitive d’exercer

Julie*, 20 ans, accuse son médecin de l'avoir agressée sexuellement lors de deux consultations en 2019. Le praticien, déjà condamné en première instance, fait appel de sa peine et pourrait être contraint de ne plus jamais exercer.

Ecrit par Isabelle SERRE – le vendredi 28 juin 2024 à 15H29

Le 16 septembre 2019, Julie* se rend chez son médecin généraliste qui la suit depuis 15 ans dans le sud du département. La jeune femme, 20 ans à l’époque, deviendra bientôt gardien de la paix. Ce jour-là, elle vient faire renouveler un arrêt de travail suite à un accident survenu lors d’un match de rugby, sport qu’elle pratique. Lorsque vient son tour vers midi passé, le docteur libère ses secrétaires et se retrouve seul dans le cabinet avec sa patiente à qui il fait passer un électrocardiogramme. C’est là que la consultation dérape puisqu’il lui aurait caressé puis embrassé un sein avant de lui enfoncer « une langue baveuse » dans la bouche sous prétexte de lui examiner la gorge.

En état de sidération, la vingtenaire se retrouve à la pesée avec les mains du praticien sur les fesses et au creux de l’oreille des propos obscènes sur son physique. « Cela doit rester entre nous », lui demande-t-il au moment de la raccompagner vers la sortie. Malgré la panique et sur les conseils de sa famille et de son compagnon, Julie dépose plainte le 19 septembre.

Au détour d’une de ses auditions dans le cadre de l’enquête, Julie va se rappeler ce jour où le médecin s’était rendu chez sa grand-mère pour une consultation à domicile. Alors qu’elle dormait à l’étage, quelque chose de froid sur son buste l’avait réveillée C’était le généraliste était en train de l’ausculter. Pour poser son stéthoscope sur sa poitrine, il avait relevé son haut et en aurait profité pour lui caresser le buste.

Une autre patiente, qui n’a pas souhaité porter plainte « pour éviter les problèmes », a raconté des faits similaires au sein du même cabinet médical. Elle aussi aurait été tripotée et victime de commentaires sur son physique hors de propos dans ce contexte.

Malgré ses dénégations et le développement de la théorie du complot, le prévenu avait été condamné en première instance par le tribunal de Saint-Pierre à 3 ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis probatoire, une interdiction immédiate d’exercer pendant 5 ans et une injonction de soins. A la barre, son comportement avait surpris les magistrats, l’homme ne cessant d’interrompre à tout bout de champ, comme s’il se trouvait sur la scène d’un théâtre.

Ce jeudi, plusieurs demandes de nullité ont été plaidées en défense. Dans le jugement, seule la date d’un des deux faits n’a été reprise. Une erreur matérielle pour le parquet général. « Les juges ont motivé leur décision concernant les deux agressions sexuelles », a précisé la représentante de la société pour qui la cour a régulièrement été saisie. Cette dernière devra statuer sur les différentes demandes de Me Jérôme Maillot dans les intérêts de l’appelant avant de juger le fond de ce dossier.

L’avocat de la victime présumée, Me Julien Baracco, a regretté l’absence du mis en cause dont les propos auraient pu éclairer les juges de la rue Juliette Dodu. La même peine qu’en première instance a été proposée par le ministère public assortie d’une interdiction définitive d’exercer la profession de médecin et d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. La décision a été mise en délibéré au 26 septembre prochain.

* Prénom d’emprunt

 

 

 

 

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