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Agression à Saint-Pierre: "La Féminophobie, ça existe"

En 2019, Cynthia a eu la joue coupée par un bout de verre et plusieurs points de suture. Résultat de la colère d'un cafetier de Terre Sainte qui n'avait pas apprécié qu'elle embrasse sa compagne au sein de son établissement.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 7 octobre 2021 à 21H40

Cynthia et sa compagne ne sont pas prêtes d'oublier ce 15 novembre 2019. En couple depuis sept ans à cette époque, les deux femmes s'étaient retrouvées pour boire un verre dans un établissement de Terre Sainte. Comme n'importe quel couple, elles avaient passé du bon temps, avaient discuté, puis s'étaient embrassées. C'est là que l'agréable soirée avait viré au cauchemar.

Le patron de ce bar du littoral saint-pierrois, assis non loin, leur avait fait signe d'arrêter, ajoutant: "ici, on ne s'embrasse pas". Furieuse, Cynthia avait réglé les consommations et jeté la fin de son verre en direction du propriétaire qui, déjà énervé, avait saisi le verre de la compagne. Il l'avait cassé sur la table et coupé la joue de la jeune femme avec le tesson. Il lui avait ensuite porté un coup de pied dans le ventre. Heureusement, des témoins s'étaient interposés pour mettre fin à ce qui aurait pu très mal se terminer.

"On est encore aujourd'hui dans les ténèbres"

La victime, originaire de Montvert, avait eu sept points de suture du coin de la bouche jusqu'au milieu du menton. En décembre 2020, l'affaire qui a fait l'objet d'une enquête a été jugée devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Le patron du bar a été reconnu coupable de violences avec arme et condamné à 3 mois de prison avec sursis et une interdiction de porter une arme pendant trois ans. Stéphane B. avait interjeté appel de cette décision.

Ce jeudi, l'affaire était appelée devant la cour d'appel. Mais finalement, le patron du bar s'est désisté. "C'est donc qu'il reconnaît son geste", commente l'avocat de Cynthia, Me Georges-André Hoarau, n'hésitant pas à qualifier les faits de "féminophobie".

"Dans une ville de lumière comme Saint-Pierre, on est encore aujourd'hui dans les ténèbres en ce qui concerne l'orientation sexuelle. J'apprends le désistement de notre adversaire et j'espère qu'il a ainsi fait un pas sur le chemin de l'acceptation de la différence", poursuit l'ancien bâtonnier présent dans le prétoire d'appel ce jeudi matin.

REPÈRES :
Les chiffres concernant les agressions homophobes sont déconcertants. Au dernier trimestre 2018, on recensait en France une agression homophobe par jour. Le rapport sur l'homophobie publié la même année indique que les actes lesbophobes ont augmenté de 42% cette année-là par rapport à l'année précédente : discriminations, insultes, rejet. Les victimes sont particulièrement visées par des hommes seuls ou en groupe.

Dans une tribune contre l'homophobie datée du 14 février 2018, sept députés d'outre-mer, dont quatre Réunionnais avaient apporté leur soutien aux victimes, rappelant que "si les lois ouvrent de nouveaux droits, la vigilance est nécessaire : les violences et les discriminations lesbophobes, homophobes, biphobes et transphobes sont monnaie courante".
 

 

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