Agressé à coups de sabre : au Port, une rivalité s’achève dans le sang

Dimitri F., un père de famille portois, est jugé pour des violences aggravées après avoir passé à tabac son rival, sur fond de rivalité et d’alcool.
Que s’est-il passé entre Dimitri F. et son ancien dalon pour que cette rivalité atteigne un point de non-retour ? En juillet 2024, devant un bar, les tensions accumulées explosent dans un déchaînement de violence. Selon le témoignage direct du gérant du bar, Dimitri F., accompagné de son frère, a entamé les hostilités à l’égard de la victime. Une joute verbale qui se mue en combat pour survivre.
Le bras quasiment sectionné
Après de vifs échanges, Dimitri F. se saisit d’un sabre planqué dans sa voiture. Il est 13 heures, l’homme est fin saoul et décide de mettre un point final à cette rivalité.
Arme au poing, avec son frère, il se met en chasse de sa victime et finit par lui mettre le grappin dessus. Plusieurs coups sont portés, dont certains avec la machette. Un enchaînement de coups qui entaille une bonne partie du bras.
Bien heureusement, le bras n’est pas sectionné. Mais les séquelles sont irréversibles : encore aujourd’hui, la victime ne parvient pas à fermer correctement sa main. À la barre, Dimitri F. reconnaît avoir porté un coup de sabre à la victime, mais dans un geste accidentel. Selon lui, le coup serait parti car, malvoyant de l’œil gauche, il n’aurait pas vu la victime.
Un conflit larvé
Qu’est-ce qui a poussé les deux individus à en venir au sang ? Quand le tribunal tente de s’épancher sur la question, aucune réponse probante n’est apportée. On évoque souvent un conflit pour l’amour d’une femme, mais rien n’est affirmé par les protagonistes.
On apprend à l’audience qu’en janvier 2024, la victime avait déjà déposé une main courante contre son agresseur pour des menaces de mort. Le soir des faits, certains avancent que c’est la victime elle-même qui est venue chercher noise à Dimitri F. et son frère. Sa mère a confié avoir dû cacher un sabre et un tournevis pour éviter que ses enfants ne s’en saisissent.
Un casier judiciaire éloquent
Quoi qu’il en soit, le casier judiciaire de Dimitri F. parle de lui-même : 13 condamnations à son actif. Père de six enfants, le Portois est connu pour des faits de violences, et qui plus est, il était ivre au moment des faits.
Dans son réquisitoire, le ministère public déplore le manque de reconnaissance des faits de la part de Dimitri F. Elle évoque les différends entre les deux individus, mais regrette que l’agresseur ne montre pas de signes de changement encourageants. Six ans de prison sont requis.
Loin de justifier l’agression de son client, l’avocate de Dimitri F. rappelle que son client reconnaît tout de même avoir frappé la victime. Elle souligne que l’animosité entre les deux hommes est réciproque et demande au tribunal de revoir le quantum à la baisse.
Finalement, Dimitri F. est condamné à cinq ans de prison.


