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AESH : contractuelles, indispensables… mais toujours sans statut

Ecrit par P.M. – le mardi 16 décembre 2025 à 11H06
Photo d'archive

Réunies ce mardi devant le rectorat, des accompagnantes d’élèves en situation de handicap et plusieurs organisations syndicales réclament la création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour sortir d’une précarité devenue structurelle dans l’Éducation nationale.

Elles sont devenues un maillon incontournable de l’école inclusive, sans pour autant bénéficier de la reconnaissance qui va avec. Ce mardi, plusieurs accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) se sont rassemblées devant le rectorat pour réclamer la création d’un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B, une revendication portée de longue date par une intersyndicale de l’Éducation nationale. Objectif affiché : sortir de la précarité administrative, sécuriser les conditions de travail et reconnaître un métier désormais central dans les établissements scolaires.

Employées sous contrat de droit public, les AESH enchaînent aujourd’hui CDD puis CDI, mais restent majoritairement cantonnées à des temps partiels imposés, autour de 62 %, soit environ 24 heures par semaine. Une situation qui pèse lourdement sur les salaires, mais aussi sur l’organisation de la vie personnelle. « On est en CDI, mais sur des temps incomplets, avec toutes les conséquences que cela implique », résume Karine, AESH depuis cinq ans. « Le statut de fonctionnaire permettrait d’avoir un cadre clair, un temps plein possible et surtout une reconnaissance de notre travail. »

Un flou permanent sur leurs missions et leurs droits

Au-delà de la question salariale, les accompagnantes dénoncent surtout un flou permanent sur leurs missions et leurs droits. Temps de récréation, pause méridienne, heures de formation, déplacements entre établissements : les interprétations varient d’une académie à l’autre, parfois même d’un établissement à l’autre. « Les textes sont appliqués différemment selon les endroits. Avec un statut national, il n’y aurait plus d’ambiguïté », insiste Karine.

Un constat partagé par les organisations syndicales mobilisées. Les AESH sont devenues l’un des corps les plus nombreux de l’Éducation nationale. Ce qui relevait à l’origine d’une fonction d’appoint s’est transformé en un métier à part entière, avec des contraintes fortes et des situations parfois difficiles, notamment face à des élèves présentant de lourdes difficultés comportementales ou psychosociales.

Les accompagnantes pointent également les effets des PIAL, ces pôles inclusifs chargés de gérer les affectations sur plusieurs établissements. Résultat : des changements possibles en cours d’année, parfois avec seulement dix jours de prévenance, et des journées morcelées entre plusieurs écoles, collèges ou lycées. « On peut être le matin en maternelle et l’après-midi en terminale, dans un autre établissement. C’est très compliqué à gérer », confie Karine.

Pour l’intersyndicale, la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B permettrait d’apporter des réponses structurelles : emploi à temps complet, déroulé de carrière, formation initiale et continue de qualité, protection fonctionnelle et stabilité des affectations. Une revendication qui dépasse largement le cadre local et s’inscrit dans un mouvement national, alors que les besoins en accompagnement ne cessent de croître.

« On ne peut plus imaginer l’école sans les AESH », résume l’une des accompagnantes mobilisées. « Mais on ne peut pas non plus continuer à leur demander autant, sans leur offrir un véritable statut. »

Etiquettes : AESH

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