Accusé d'agressions sexuelles, l'imam du Port évoque un complot et reste en prison

Nouvelle comparution pour Nailou B., un des imams de la grande mosquée du Port, ce mardi matin. C'est à la cour d'appel que le religieux a comparu pour contester son placement en détention provisoire décidé le 28 août dernier par le juge des libertés et de la détention de Saint-Denis afin de prévenir les risques de pression. Trois fillettes ont porté plainte pour des faits d'agressions sexuelles qu'elles relatent avoir subies lorsqu'elles suivaient les leçons du prédicateur à l'école coranique entre 2018 et 2023.
Toutes trois sont nées en 2011 et racontent des caresses sur les fesses ou la poitrine, des "je t'aime" susurrés à l'oreille ou encore des câlins alors que le professeur "s'arrangeait" pour être seul dans la salle de classe avec elles. Leur description très précise des lieux présumés ont alerté les policiers en charge des débuts de l'enquête avant que celle-ci ne soit confiée à un juge d'instruction. Tout comme la manière de procéder du suspect, toujours la même, selon les détails fournis par les plaignantes. "Il restait en classe pendant les récréations", a, de son côté, fait remarquer le directeur de la grande mosquée dont les déclarations semblent aller dans le sens des accusatrices.
Il restait en classe avec certaines pendant les récréations
"Un complot", selon le mis en cause qui conteste tout. Mais que penser alors de son éviction de la mosquée de Saint-Joseph il y a quelques temps "pour une histoire avec une fille" selon les déclarations de l'intéressé lui-même ? Une histoire aux contours flous que la suite des investigations va tenter d'éclaircir "sans pression sur les témoins, les victimes et les enfants qui vont être interrogés", précise le parquet général qui se prononce contre une libération.
Le juge d'instruction avait pourtant estimé que Nailou B. pouvait être libre de ses mouvements tout en ayant interdiction de se rendre au Port, de contacter les victimes et de quitter le territoire pour retourner à Mayotte, ainsi que l'a rappelé son avocate aux magistrats de la rue Juliette Dodu. Survêtement, barbe longue et lunettes rondes, le mis en cause n'a, quant à lui, pas souhaité s'exprimer.
Les juges de l'instruction ont décidé que, pour l'heure, il resterait incarcéré.


