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Accident du travail mortel au Tampon : L'employeur, le coordonnateur et le conducteur de travaux relaxés

La justice a tranché 9 ans après les faits et au terme d'un long parcours judiciaire. Le 5 août 2014, Luciano B. décédait de ses blessures après une chute sur un chantier. Les trois prévenus ont été relaxés des poursuites d'homicide involontaire.
Ecrit par P.B - G.D. – le jeudi 14 décembre 2023 à 15H06

Après un long combat qui est allé jusque devant la Cour de cassation, la femme et les enfants de Luciano B. ont obtenu une réponse de la justice.

L'homme de 50 ans au moment des faits, est décédé alors qu'il tentait de poser, avec son frère, un cadre en aluminium sur une fenêtre sur le chantier Poker d'As au Tampon. Luciano a fait une chute mortelle de 8 mètres.

En l'absence de garde-corps et de baudriers, l'architecte, mais aussi Vincent H., coordonnateur de chantier, et Arsène H., conducteur de travaux, avaient pointé les défauts de sécurité et le chantier avait été arrêté. Pourtant, les deux frères avaient poursuivi leur tâche alors que le chantier touchait pratiquement à sa fin. Fernand, l'ainé de la fratrie et l'employeur, n'était pas sur le site au moment des faits.

La plus haute juridiction a donc renvoyé devant la justice la responsabilité de Fernand le patron, du coordonnateur du chantier Vincent et du conducteur de travaux Arsène. En droit, l'employeur doit assurer la sécurité sur le chantier et chacun à leur niveau avait conscience du danger, avait dit la cour de Cassation.

Les débats qui se sont tenus en octobre dernier, étaient parfois techniques, parfois emplis d'émotions. Les parties civiles étaient partagées entre “la haine, la tristesse, la détresse”. La compagne de Luciano, enceinte au moment des faits, a élevé le dernier enfant de la fratrie sans père.

Finalement, le tribunal correctionnel n'a pas suivi l'arrêt de principe de la Cour de cassation et est allé dans le sens du juge d'instruction qui avait prononcé un non-lieu. L'employeur, le coordonnateur et le conducteur de chantier ont finalement obtenu la relaxe dans ce dossier particulier qui a brisé des liens familiaux. Le tribunal a estimé que l'instruction n'avait pas démontré de fautes commises par l'entreprise. S'il y avait eu des erreurs dans le plan de prévention, la victime a pris seule la décision de monter sur la terrasse, malgré l'interdiction, a jugé le tribunal.

La famille constituée partie civile a été déboutée de ses demandes.

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