Accident dramatique à Saint-Benoît : Le motard perd sa jambe, il est condamné comme l'automobiliste

Le 26 mars 2022, vers 20 heures, un dramatique accident se déroulait dans les hauts de Saint-Benoît. Un motard avait été percuté par un Dacia Duster le projetant à 50 mètres dans un fossé. Sa jambe avait été sectionnée par sa machine. La conductrice avait commencé à tourner à gauche sans voir que la Yamaha 900 était en train de la doubler après avoir remonté une file de sept à huit véhicules.
Devant le tribunal correctionnel fin août dernier, c’est en chaise roulante et avec la jambe droite amputée au-dessus du genou droit que le motard s’est présenté en tant que prévenu poursuivi pour blessures involontaires devant le tribunal correctionnel. À ses côtés, la conductrice également poursuivie pour les mêmes raisons. Tous deux sont également victimes l’un de l’autre, situation plutôt rare dans les accidents de la route qui se terminent devant une juridiction.
Lors de l’instruction de l’affaire, le président de l’audience correctionnelle a précisé que Jean-François P., 58 ans, était sous l’effet de stupéfiants au moment du choc alors qu’il conduisait sans permis de conduire et sans assurance. Le quinquagénaire a par ailleurs déjà été condamné pour des faits similaires par le passé.
« Il est la première victime de ses fautes »
Interrogé, le motard a précisé que la conductrice n’avait pas mis son clignotant, une déclaration balayée par le tribunal, un témoin des faits ayant assuré le contraire. Personne ne saura à quelle vitesse roulaient les deux véhicules au moment de la collision, « aucune mesure n’a été prise par les enquêteurs », a déploré le président Duchemin.
« Un dépassement inconscient », pour le représentant de la société qui a reconnu que Jean-François P. était « la première victime de ses fautes ». Six mois de prison avec sursis et 200€ d’amende ont été requis à son encontre. « Au vu du nombre de fautes commises par le motard, je requiers la relaxe pour madame », a annoncé le ministère public.
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne l'automobiliste à quatre mois avec sursis et le motard à trois mois de prison avec sursis.


