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A Sainte-Rose, la première épicerie "automatique" de La Réunion, ouverte 24h/24

Ecrit par Philippe Madubost – le dimanche 5 avril 2026 à 11H11
L'épicerie propose pas moins de 400 produits disponibles 24h/24h.

Une épicerie automatique, accessible 24 heures sur 24, vient d’ouvrir ses portes à Sainte-Rose. Un concept inédit à La Réunion, inspiré de modèles asiatiques et américains, qui répond à un manque de commerces ouverts le soir dans la commune et dans l’Est en général. Deux autres sont déjà en projet à Saint-Benoît et à Bras-Fusil.

En seulement 15 jours d'existence, la boutique a trouvé son public. Malgré l'heure plutôt tardive lors de notre passage, le flot de clients est continu. L'actualité et l'éruption qui a repris ce week-end n'est pas étrangère à ce succès : c'est un flux incessant de véhicules qui passent devant la boutique, en direction ou en retour du Grand Brûlé.

Et pourtant, cette boutique d'un nouveau genre dans l'île est loin d'attirer l'attention sur elle. Pas de grands néons fluorescents pour attirer le regard mais une simple pancarte, qui dénote avec la modernité des lieux.

C'est une première à cette échelle dans l'île : une épicerie 3.0, ouverte 24h/24, bardée de caméras et où tout est automatisé.

Originaires d'Asie, les distributeurs ont été adaptés aux produits locaux, huile et grains notamment.

Un marché en forte progression

Installée dans une case à la sortie de Sainte-Rose transformée en libre-service autonome, cette épicerie permet aux clients d’acheter produits alimentaires, produits d’hygiène, boissons ou surgelés à toute heure, sans personnel sur place.

Le projet est porté par Joël Lallemand, 34 ans, entrepreneur, qui s’est inspiré de concepts observés sur internet, notamment en Asie et aux États-Unis. “Je m’informe beaucoup sur ce qui se fait en dehors de La Réunion. J’ai vu que certaines enseignes développent ce genre de système et je me suis dit : pourquoi ne pas ramener ça ici ?”, explique-t-il.

Un marché que le jeune homme connaît bien pour fournir déjà des entreprises en distributeurs automatiques.

Un concept qui s'est rapidement développé aux quatre coins de l'île avec des distributeurs de pizzas, tacos et même de fleurs, devenus habituels dans le paysage. Avec cette véritable petite supérette, on monte d'un cran.

Comme pour un café, il suffit de taper le numéro du produit et son mode de paiement.

Une petite supérette mais automatisée

L’épicerie propose environ 400 références : produits du quotidien, conserves, pâtes, riz, boissons, confiseries, produits d’entretien, hygiène, mais aussi produits frais, surgelés, glaces ou sandwichs. Des salades et légumes frais doivent également être proposés, en partenariat avec un artisan de Sainte-Anne.

Le commerce fonctionne grâce à des distributeurs automatiques qui ont été adaptés aux produits locaux et aux habitudes de consommation réunionnaises, grains et huile compris.

Le fonctionnement est ultra-simple : comme pour un café (également proposé), il suffit de taper le numéro du produit souhaité, son mode de paiement (espèces ou CB) et de retirer son produit dans le bac.

L’ensemble est surveillé par des caméras et relié à distance au propriétaire, qui réapprovisionne les machines tous les deux à trois jours sauf rupture sur un produit. “Tout est relié à la maison par informatique. Je vois quand il manque des produits et je viens réapprovisionner”, explique l’entrepreneur.

"Un service de dépannage à toute heure"

L’épicerie est ouverte en continu, un service rare dans l’Est, notamment après la fermeture des commerces en soirée.

“Après 22 heures, il n’y a plus grand-chose d’ouvert ici. L’idée, c’était de proposer un service de dépannage à toute heure”, indique Joël Lallemand. “Il manque toujours quelque chose à la maison. Là, les gens peuvent venir à n’importe quelle heure”, résume-t-il.

Selon lui, les produits les plus vendus sont les bouteilles d’huile et les glaces, notamment en soirée et le week-end. Les prix sont légèrement plus élevés qu’en grande surface, mais comparables à ceux pratiqués en station-service, un positionnement assumé : “Les gens paient aussi le service”.

Des caméras pour assurer la sécurité

Le commerce étant ouvert toute la nuit, une pancarte invite les clients à éteindre leur moteur à partir de 21h et à respecter le calme du voisinage.

Côté sécurité, des caméras filment en permanence les images et les sons ainsi que les plaques. En cas de tapage nocturne, une plainte pourra être déposée, prévient le propriétaire.

D’autres épiceries déjà en préparation

L’entrepreneur mise sur un concept de proximité, accessible en permanence, qui pourrait se développer dans les zones où l’offre commerciale est limitée.

Après Sainte-Rose, une deuxième épicerie automatique doit ouvrir d’ici quelques mois à Bras-Fusil, à Saint-Benoît, puis un autre projet est envisagé à Saint-André, dans le quartier de la Cressonnière.

Pas de caissier mais de l'activité et des emplois à la clé

Sur l'argument de l'emploi, son épicerie fonctionnant sans recours à un caissier présent sur place, le propriétaire se défend et met en avant un "écosystème" économique derrière son activité : “Le monde évolue, c'est un service pour que les gens puissent se dépanner facilement, le soir surtout, il y a toujours du travail, je vais notamment créer un poste de magasinier pour approvisionner les épiceries et je travaille déjà avec des producteurs locaux pour les légumes et un artisan qui fabrique des sandwichs et des salades sur Sainte-Anne”.

Un débouché d'un nouveau genre pour les producteurs locaux, met-il en avant. De la boutique chinoise à l'épicerie 3.0, une page se tourne.

Les bornes de distributeurs automatiques fleurissent à grande vitesse un peu partout dans l'île.
Etiquettes : Commerçants | Sainte-Rose

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