À Saint-Benoît, l’immense décharge de Ravine Sèche va enfin disparaître du paysage

Fermé depuis plus de vingt ans, l’ancien site d’enfouissement de Ravine Sèche entre dans une vaste phase de réhabilitation. Un chantier à près de 4 millions d’euros pour tourner la page d’une cicatrice environnementale du littoral Est.
Pendant des années, elle a accumulé les déchets face à l’océan. À Saint-Benoît, l’ancienne décharge de Ravine Sèche s’apprête à changer radicalement de visage. La Cirest lance officiellement un chantier de réhabilitation de grande ampleur destiné à stabiliser et végétaliser ce site historique du littoral Est.
Exploitée entre 1986 et 2005, la décharge a accueilli "tout type de déchets" jusqu’à atteindre près de 500.000 m³, répartis sur plus de cinq hectares, soit l’équivalent d’environ sept terrains de football. Rien que ça. Une masse considérable de déchets accumulés pendant près de vingt ans, à quelques mètres seulement du bord de mer.
Sécurisation du site
Aujourd’hui, l’objectif est donc de sécuriser définitivement le site et limiter son impact environnemental. Les travaux, prévus sur environ dix mois, représentent plus de 3,79 millions d’euros hors taxes, financés à 91 % par l’État et l’Ademe dans le cadre du plan national de résorption des décharges littorales.
Sur le terrain, le chantier sera particulièrement technique. Les opérations doivent permettre de remodeler le relief de la décharge, de couvrir les déchets, d’améliorer le drainage des eaux et de protéger le site contre les agressions marines grâce à des enrochements. Une phase de revégétalisation viendra ensuite transformer progressivement cette ancienne friche en espace paysager intégré au littoral.
Les images projetées par la Cirest montrent d’ailleurs un changement spectaculaire. Là où s’étend aujourd’hui une vaste zone dégradée et exposée, le site doit à terme retrouver une apparence végétalisée et stabilisée, mieux intégrée dans le paysage côtier.
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Mais ce chantier soulève aussi des questions sanitaires. Les investigations préalables ont révélé la présence ponctuelle de matériaux contenant de l’amiante dans certaines zones du massif de déchets. Une découverte qui impose un encadrement réglementaire renforcé et des protocoles spécifiques pour les travailleurs.
La Cirest assure toutefois qu’"à ce stade, aucun risque avéré pour les populations riveraines n’est identifié". Des dispositifs de surveillance environnementale ont été installés afin de contrôler d’éventuelles retombées atmosphériques et suivre l’évolution du chantier.
Reconquête du littoral
Durant les travaux, quelques nuisances temporaires sont néanmoins attendues avec la circulation de camions, de la poussière ou la présence de terre sur les routes. Le site restera interdit au public pendant toute la durée du chantier pour des raisons de sécurité.
Au-delà du seul chantier, cette réhabilitation marque surtout la volonté de tourner la page de certains héritages environnementaux de l’île. Pendant longtemps, plusieurs décharges littorales réunionnaises ont laissé des traces durables sur les paysages et les milieux naturels.
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Avec Ravine Sèche, la Cirest veut désormais montrer qu’une reconquête du littoral est possible.


