À la CCIR, patronat et élus unis pour défendre la Lodeom

Au siège de la Chambre de commerce et d’industrie ce lundi, les présidents de chambres consulaires, les organisations patronales et plusieurs députés réunionnais ont échangé avec Christian Baptiste, député de Guadeloupe et rapporteur à la commission des finances en charge d'un rapport sur la Lodeom. Tous ont mis en garde contre la coupe de 350 millions d’euros envisagée dans le budget 2026 sur la Lodeom, dispositif jugé vital pour l’économie locale.
La salle du conseil de la CCIR était remplie ce lundi pour la venue de Christian Baptiste. Le député guadeloupéen, rapporteur pour l’Outre-mer à la commission des finances de l’Assemblée, est venu entendre directement les acteurs économiques réunionnais sur la réforme de la Lodeom. À la tribune, chambres consulaires, patrons et élus se sont succédés pour dire leur inquiétude face aux 350 millions d’euros de coupes annoncées dans le budget 2026.
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Pierrick Robert, président de la CCIR, a ouvert la rencontre en rappelant le rôle central de ce mécanisme : « La Lodeom permet de garder la compétitivité des entreprises, de baisser le chômage et de donner les moyens de créer de l’emploi. Nous avons déjà contribué au redressement de la dette de la France. Aujourd’hui encore, on nous demande de passer à la caisse. »
« Ce serait catastrophique si ce dispositif venait à disparaître »
Christian Baptiste a livré son analyse : « Le gouvernement démissionnaire a décidé d’un coup de rabot de 350 millions d’euros. Ce serait catastrophique si ce dispositif venait à disparaître. On parle de 53 000 entreprises et de 145 000 salariés à La Réunion. On brandit la fraude pour justifier des coupes, mais je n’ai pas vu d’enquête en profondeur ni de chiffres précis. »
Bernard Picardo, président de la Chambre de métiers, a insisté sur l’efficacité du système : « La Lodeom a permis de maintenir et de créer de l’emploi à La Réunion. Quand on lit un rapport qui en tire une conclusion négative, on se dit que nous n’avons pas été entendus. » Même constat pour Olivier Fontaine, président de la Chambre d’agriculture : « Quels indicateurs montrent que ce dispositif ne fonctionne pas ? Aucun. Sans la Lodeom, nos entreprises agricoles perdraient encore en attractivité. »
« Cela nous emmène vers le chaos »
Du côté des organisations patronales, le ton est monté. Gérard Lebon, président de la CPME Réunion, a été direct : « Revisiter la Lodeom, c’est déjà la raboter. Les grands perdants seront les entreprises de 11 à 20 salariés. Cela nous emmène vers le chaos. Nous ne demandons pas l’aumône : c’est une question d’équité territoriale. Ne nous bridez pas. Donnez-nous les moyens de travailler dans des conditions sereines. »

Même impatience chez Yannick Berezaie, membre du Medef Réunion : « Chef d’entreprise, j’ai besoin de visibilité. Quand je vais voir un financeur, il me demande un business plan sur cinq ans. Comment le prévoir si les règles du jeu changent chaque année ? Nous avons été auditionnés, nous avons transmis des données, mais le projet est arrivé avant même la publication du rapport. Où est le dialogue ? »
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Michel Dijoux, président de l’Adir, a averti sur les conséquences industrielles : « Dans l’industrie, tout est visible et contrôlé. Comment parler de fraude ? Remettre en cause la Lodeom, c’est détruire notre industrie et exposer La Réunion aux importations. On revient à une économie de comptoir, comme avant 1946. »
« Mon rapport sera présenté la semaine prochaine et j’espère que le futur gouvernement saura en tirer les leçons »
Les députés réunionnais ont pris le relais. Emeline K’Bidi a estimé que « supprimer la Lodeom, c’est condamner beaucoup d’entreprises à licencier » et s’est interrogée : « Où sont les preuves de la fraude évoquée par l’Igas et l’IGF ? » Frédéric Maillot a insisté sur la dimension « de justice sociale » du dispositif.
Une fois les doléances entendues, Christian Baptiste a rappelé son engagement à faire remonter fidèlement la position des acteurs ultramarins : « Tous ceux que je rencontre, privés comme publics, me disent la même chose. La Lodeom doit être préservée. Mon rapport sera présenté la semaine prochaine et j’espère que le futur gouvernement saura en tirer les leçons. »


