Gilbert Annette dément l'existence de titularisations de complaisance à la mairie

Les promotions et titularisations dans les collectivités territoriales font des heureux et des malheureux. La ville de Saint-Denis a connu ces 8 derniers mois deux malaises sociaux exposés au grand jour. Dans les services, un tract distribué dans de nombreuses boîtes aux lettres achève de créer un doute sur l'éventuelle connivence entre néo-titulaires et certains élus. Gilbert Annette répond.
Le 1er octobre 2012, un agent technique de la mairie de Saint-Denis se taillade le bras en pleine commission administrative paritaire dont l'objectif est d'établir, en concertation, l'avancement, la promotion et la titularisation des agents. Dans la foulée, un débrayage suivi d'une grève avaient tour à tour miné la fin d'année 2012 de la collectivité.
Mais c'est dans la continuité de la tentative désespérée d'un employé communal -perché sur les toits de la mairie le 20 mars dernier- qu'un document a circulé dans les services. Celui-ci, signé des "employés des services technique et administratif en pleine souffrance" détaille, nom après nom, la proximité supposée des nouveaux titulaires avec les élus.
Anonyme, le document ne convainc qu'à moitié les secrétaires départementaux de syndicats interrogés. "Il y a pire qu'à la mairie de Saint-Denis", ironise ce patron de syndicat. "Bien qu'anonyme, il est très détaillé mais si leurs auteurs étaient passés par les représentants du personnel on aurait pu en parler, mais là...". Pour un autre, les informations livrées par son ou ses auteurs perdent leur crédibilité. "Ca ne vient pas de chez nous", poursuit l'intéressé qui rappelle que la rumeur courait à propos de ce listing soi-disant écrit par un syndicat.
Des ressources humaines plus transparentes depuis 2008
Joint par téléphone, Gilbert Annette parle immédiatement de "réchauffé" pour déstabiliser en période de "pré-campagne électorale". Le maire de Saint-Denis indique que l'effort de l'équipe municipale sur la question sensible des plans de carrière est conséquent mais surtout de plus en plus transparent, et bien plus que ce qui se faisait avant de début de son mandat. La réponse de la mairie est détaillée :
"Depuis 2008, la municipalité a été particulièrement attentive au sort de ses employés et soucieuse de l'optimisation de la gestion de ses ressources humaines. Tout d'abord en ayant pour objectif principal la lutte contre la précarité. Elle a engagé un programme qui a permis à 237 agents de signer un contrat à durée indéterminée.
Parallèlement, elle a mis en place une prime de complément de revenu équivalent à un 13e mois en fin d'année pour les agents non titulaires de catégorie C, ce qui représente 8% de revenu supplémentaire.
Nous nous sommes par ailleurs engagés à mettre en place un plan de titularisation. Ce dernier est né d'une volonté d'harmoniser un système totalement flou depuis longtemps et surtout de se baser sur des critères administratifs précis (ancienneté, valeur professionnelle, implication dans l'entreprise municipale...).
"Les remarques sur la liste ne reflètent pas la réalité"
En 2012, les premières titularisations ont été annoncées : 52 agents ont été nommés suite à la réussite d'un concours et 32 l'ont été sur choix de l'autorité. ces titularisations interviennent à la suite d'une concertation entre les directeurs de service, les directeurs généraux et le maire. Il s'agit d'un système où c'est l'administration qui porte les titularisations et non plus de la seule autorité du maire comme c'était le cas avant 2008. Jusqu'en 2014, et en fonction du contexte de crise budgétaire, ce seront donc au minimum une trentaine d'agents qui obtiendront ainsi leur titularisation.
La ville travaille à l'heure actuelle sur le passage en CDI de l'ensemble du personnel de catégorie C en CDD depuis plus de 2 ans, alors que la loi le prévoit pour les contractuels de plus de 6 ans. Cette mesure concernerait environ 300 personnes et représente de véritables perspectives d'avenir en faveur des agents communaux".
Cette mise au point étant faite, le maire répond également sur les soupçons de connivence qui entourent la titularisation d'une bonne majorité des 32 nouveaux titulaires. "Concernant l'éventuelle proximité des personnes titularisées avec des élus, là encore, les propos et remarques sur la liste ne reflètent pas la réalité", se défend la mairie. Nul doute que la réforme de la décentralisation grandirait l'action publique si des obligations de transparence venaient lever les doutes des recalés.



