Comment ça fonctionne?

Lettre à Monsieur le Directeur
Du Centre Pénitentiaire de Domenjod
Monsieur le Directeur, Bonjour!
Tout d’abord, excusez-moi de rester dans l’anonymat, car si je me présente, je sais que le membre de ma famille qui est incarcéré dans votre centre subira des représailles. Mais, il y a quelque chose de très flagrant qui m’a interpellé, ces derniers jours, dans l’environnement de la prison.
Donc, le dimanche 26 mai dernier, comme toute personne intelligente ou pas, j’apprends par voie de presse qu’un douanier de l’aéroport de Gillot est mêlé à une affaire de fraude de bijoux. Vous me direz que c’est une chose qui peut arriver !
Dés le lendemain, lundi 27 mai, ce douanier est présenté au tribunal ; par la suite, mis en détention provisoire à Domenjod.
Jusque là, rien de surprenant ; le mercredi 29 mai, l’épouse de ce douanier s’empresse de venir déposer ses vêtements, comme font toutes les autres familles. Chose normale.
Mais, le vendredi 31 mai, soit 4 jours après son incarcération, quelques personnes qui n’osent pas parler à voix haute, et chuchotent entre elles sont surprises de voir l’épouse de cet homme, venir au parloir de 8 heures, alors même que ce dernier est encore au quartier des arrivants.
Tout ce que je crois savoir Monsieur le Directeur, quand un détenu arrive pour la première fois, je dis bien, pour la première fois, au Centre Pénitentiaire, il y a un imprimé à retirer à l’Association "Prends un Asseoir", que je félicite au passage, des photocopies à faire, joindre une enveloppe timbrée, etc. et bien sûr, patienter pour la réponse.
Aujourd’hui, je me pose la question si le règlement intérieur est le même pour tous, surtout que toute famille est obligée d’attendre minimum 15 à 22 jours, voire 1 mois pour certaines, afin de pouvoir revoir leurs conjoints, enfants, frères, etc.
Je n’ai rien contre ce douanier et son épouse, mais je trouve que c’est du FAVORITISME que vous avez fait pour cette personne, alors que cela ne devrait pas exister en milieu carcéral.
Quel que soit le délit qu’aurait fait tel ou tel détenu, je pense que les mesures doivent rester les mêmes pour tous. C’est un acte de mépris que vous faîtes envers les autres familles.
Donc, Monsieur le Directeur, je ne vous apprendrai pas votre travail. Je ne suis pas là non plus pour vous faire la morale, mais je crois que dans cette affaire, même si vous avez reçu des ordres d’autorités supérieures, permettez-moi de vous dire que ce n’est pas seulement ce douanier qui a été corrompu, mais quelque part, vous aussi, en tant que Responsable d’un Centre Pénitentiaire, avez approuvé et subi cette corruption.
Cela ne fait que commencer, Monsieur le Directeur. Ce ne sont pas des menaces que je vous lance aujourd’hui ; car, pour défendre les droits des autres personnes qui ont peur, je pourrai aller plus loin.
J’ai beaucoup de choses à dénoncer ; entre autres, sur certains de vos surveillants qui font n’importe quoi ou qui se comportent de manière méprisable envers les personnes détenues.
Je terminerai par cette anecdote que me disaient toujours mes parents : "A la Réunion, il y a peut-être encore de gens vilains, mais plus de gens couillons".
Encore une fois, excusez moi, Monsieur le Directeur et acceptez toutes mes salutations.


