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Les élus pris au piège tendu par Paul Vergès !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 31 mai 2013 à 17H42

Le silence des élus est effrayant et déconcertant. La demande de Paul Vergès d’ « un référendum sur l’assemblée unique » les laisse indifférents. Pire, elle les frappe d’aphasie. Et pourtant, dit le JIR du 17 janvier, c’est du haut de la tribune du Sénat qu’elle a été lancée. La tribune du Sénat , ce n’est quand même pas rien ! Alors ; réveillons les !

Soit nos parlementaires y voient un retour à « l’autonomie séparatiste » des années 60 , et obligation leur est alors faite d’appeler les départementalistes au combat.
Soit ils considèrent que deux assemblées dans une région monodépartementale est illogique et inutilement coûteuse,  auquel cas ils doivent emboiter le pas à Paul Vergès.
 Eh bien NON ! Ils n’ont rien vu, rien entendu… Mais un parlementaire ; ça doit se faire voir et se faire entendre pour exister. Comme ils en ont conscience, ceux qui doivent leur élection à l’investiture du Pouvoir,  ronronnent de contentement et couvrent celui-ci d’éloges pour ce qu’il  fait ; tandis que leurs opposants ronchonnent après le chômage qui monte, les subventions qui baissent, etc. Mais aucun,  ne se pose la question de savoir,  si ce statut départemental, que ses aînés ont voulu rigide pour résister aux coups de boutoir des autonomistes, n’a pas besoin d’être revu et corrigé ! Paul Vergès , d’emblée, se fait une joie d’y répondre « oui ». Timidement, Didier Robert y pense et souhaite avoir « plus de pouvoir » (29/01/13). Mais, cher Président, plus de pouvoir à partager entre deux assemblées, est source de conflit et cause d’inefficacité. Pourquoi ne pas faire le choix d’une « assemblée unique » ? Voila lâchés les deux mots qui font peur. C’est à cause de Paul Vergès, bien sûr ! Reitre et vieux routier de la politique, ce sénateur a pris au piège tous les élus, de droite et de gauche. Son message à chacun d’eux est clair :
Soit tu me suis et tu t’attires les foudres de tes électeurs.

Soit tu accuses l’assemblée unique d’être séparatiste et tu te couvres de ridicule. Car, elle a été proposée par François Mitterrand en 1982, votée avant d’être cassée, puis avalisée par Nicolas Sarkozy, qui l’a offerte en option aux DOM. Par ailleurs, le Président de la République n’est il pas le gardien de l’intégrité du territoire national ? Alors, accuser l’assemblée unique d’être séparatiste, c’est se proclamer plus royaliste que le roi.
Soit, pour cacher ta déroute et ton incapacité, tu ronronnes et tu parades. Car au vu de la situation actuelle, mauvaise dans tous les domaines, aucun élu n’ose se porter défenseur du statu quo.

Or, le statut actuel  eut dû être réformé depuis longtemps déjà ! En effet, dès 1971, Pierre Messmer, alors Premier ministre, se propose de doter le conseil général des DOM, alors unique assemblée, d’importants pouvoirs de décision. Nous nous y sommes opposés. Nous, c’est l’Association Réunion Département Français (ARDF). A notre appel, 20000 personnes se rassemblent au jardin de l4Etat (3/07/71). Une motion de rejet du projet Messmer y est votée. Mission est donnée aux Docteur Lamarque et à moi-même de la porter à Paris. Pierre Messmer nous y reçoit, et voici ce que nous lui disons : «  Votre projet est juste. Mais notre île, ancienne colonie, pour résister aux assauts répétés d’un parti autonomiste qui pèse 30% des voix et qui se vante d’être dans le sens de l’Histoire, n’a pas d’autre parade que de sacraliser le statut. Nous en  avons fait une chose sacrée, avec interdiction d’y toucher, tant que durera la guerre du statut. «  Le  droit commun, tout le droit commun et rien que le droit commun » est notre cri de guerre. C’est notre refuge, notre bouclier, n’y faîte pas une brèche » Il nous a compris.

Mais depuis, 40 années ont passé, le sens de l’Histoire a changé, le parti autonomiste bat en retraite. Est  il possible, que des parlementaires, soient encore pris de frissons, dès qu’on leur parle d’adapter le statut ? Mais où est passé ce parti socialiste dit départementaliste, qui dans les années 70 à 90, a été sous Jean Claude Fruteau, un laboratoire d’idées, la colonne vertébrale du victorieux combat départementaliste ? Lui seul aurait pu conduire la réforme institutionnelle qui risque aujourd’hui de nous échapper. Car François Hollande, s’apprête à clore le débat institutionnel jamais ouvert ici par carence et incapacité. C’est une honte. Car l’ouvrir et le conduire exige une connaissance du passé qui fait cruellement défaut à nos élus.. Ce qui me fait craindre le pire pour notre île. Je n’attends pas du PS qu’il donne l’estocade au sénateur communiste, mais au moins qu’il explique sa position. Son silence est scandaleux, c’est l’aveu d’une incapacité à assumer ses responsabilités. Un parti qui manque à ce point de connaissance de notre passé récent, a-t-il la capacité d’inventer les solutions pour sortir le pays de l’impasse ? Surtout qu’il s’agit du parti le plus fort, celui-là même qui a en charge les affaires du pays !

Est il donc si difficile de signifier à Paul Vergès :
1) Que réclamer le droit de décider de la forme de nos institutions par un référendum, au lieu d’une simple consultation, nous fait entrer dans un système de souveraineté partagé, qui  choque les départementalistes.
2) Que son assemblée unique n’est pas la nôtre. Il en veut une pour réparer ses erreurs historiques, en tentant de faire croire qu’il y a entre « son autonomie » des années 60 à 81 et l’assemblée unique, une simple différence d’appellation ; et que c’est faute de le comprendre que nous l’avons combattu, lui, le visionnaire ! Or quelques citations bien choisies tirées de ses écrits, de ses discours, de ses communiqués signés de lui et de certains chefs d’Etats communistes, suffisent à prouver le contraire. Faute d’avoir appris l’histoire récente de notre île depuis 1946, date de l’accession au statut de département, nos décideurs priveront la Réunion d’un outil, qui lui eut donné la maîtrise de ses affaires. C’est dommage. Et les conséquences en sont graves.

PS : Le PS départementaliste a été cassé par l’arrivée en force dans ses rangs des socialistes de la municipalité de saint Denis qui ont tout de suite programmé mon élimination. Ils l’ont obtenue sans peine, j’en suis parti humilié, presque conspuéD

Denise Ramassamy

 

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