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La crise du dialogue social

Ecrit par zinfos974 – le lundi 27 mai 2013 à 11H11

    En utilisant cette expression, « la crise du dialogue social » lors de l’assemblée générale des délégués de la Fédération CGTR auto-moto le vendredi 17 mai 2013, nous ne pensions pas qu’elle allait connaître d’aussi rapides prolongements.

D’abord, le lundi de Pentecôte, par l’Evêque de la Réunion, Mgr Aubry  qui, dans son sermon déclarait : « il y a un déficit de dialogue social »  (JIR du 21 mai). Ensuite par l’ancien Directeur du travail, Alix Séry, promu médiateur dans le conflit du port, lors d’une interviewe à la télévision, puis dans la presse écrite (« Il faut dit-il nouer le dialogue de façon permanente, sans attendre le conflit » - JIR du 22 mai).

    La dernière période atteste de la pertinence de ces observations, « crise du dialogue social » ou « déficit de dialogue social », ce qui revient au même.

    La grève des salariés de Carrefour, qui a duré deux semaines, l’atteste : il a suffi que le dialogue soit renoué pour que, très rapidement, une solution soit trouvée. Cela alors que l’on était déjà parti devant les tribunaux et que l’on était presque prêt à se taper dessus.

    Le conflit du port est venu le confirmer : le médiateur lui-même l’a dit, il n’a pas fait de miracle, il a tout simplement renoué le dialogue social. Et rapidement ce qui n’était pas possible avant l’est devenu rapidement.

    On a connu dans un passé récent d’autres conflits qui on duré, dont certains ne sont pas terminés, tout simplement parce qu’il n’y a pas eu de dialogue social.    

L’Arast en est l’exemple flagrant. On a beaucoup « causé », beaucoup « déclaré », mais il n’y a jamais eu de véritable dialogue social, les principaux responsables s’ingéniant à se défausser de leurs responsabilités pour se camper dans une posture de refus de tout dialogue et d’arrogance vis-à-vis des salariés.

D’autres conflits sont actuellement en cours, c’est le cas  de la SEPUR où on en est déjà à une semaine de grève, ou en devenir, comme avec les pompiers, au moment où l’on apprend que la présidente du Conseil général, comme ce fut le cas à l’ARAST, « ferme la porte de sortie » (JIR du 22 mai). Ce qui se passe pour la fonction publique territoriale ou encore pour la rémunération des fonctionnaires est de la même veine.

Ce n’est pas le dialogue social qui est recherché, et par voie de conséquence une solution à tout conflit potentiel, c’est l’épreuve de force, voire dans certains cas l’humiliation.

L’ancien directeur du travail promu « médiateur », lorsqu’au lendemain du conflit du port a raison il déclare : « si on sait se parler, si on se respecte, on dénoue les choses plus rapidement ».

« Si on se respecte » : cela est fondamental. Le respect (de son employeur) est une obligation pour tout salarié, autrement, il serait en faute et risquerait des sanctions en conséquence. Mais qu’en est-il du respect des salariés ? A-t-on respecté les salariés du port et des docks durant ce conflit et même avant ? A-t-on respecté ceux de Carrefour ? Ceux de l’ARAST et tous les autres qui ont été contraints à la grève ? Ce non respect est une des causes de la « crise du dialogue social à la Réunion », et des conflits qui en découlent.

Respecter les salariés, et leurs représentants, c’est aussi leur fournir, comme cela est prévu par la loi, les éléments nécessaires à la discussion et à la négociation. Sur ce plan, les rapports patronaux fournis en séance tenante NAO sont davantage une litanie de lamentations qui n’aide nullement à la négociation. Il est d’ailleurs significatif de noter que l’on retrouve dans les protocoles de fin de conflit des dispositions qui relèvent tout simplement de l’application du code du travail. Et c’est pour cela que des salariés ont été obligés de faire grève !

Oui, mieux vaut « nouer le dialogue », en respectant les travailleurs et leurs organisations comme ces derniers respectent leur hiérarchie, cela évitera bien des conflits. Autrement, c’est s’exposer à ne pas être respecter en retour.
 

                            Le secrétaire Général
                            CGTR Métallurgie
                            Jacques BHUGON

 

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