L'"émancipation de la Réunion" par Didier Robert... Késako?

Le président de Région milite pour une voie nouvelle de développement, celle de l'"émancipation". Encore aujourd'hui, à l'occasion d'un débat sur la décentralisation et ses enjeux, Didier Robert a souhaité préciser à l'assemblée ce qui se cache, pour lui, derrière ce terme.
Quelques minutes plus tôt, le politologue, Yvan Combeau, expliquait dans son discours que l'enjeu actuel doit dépasser le "simple lancer de mots (statut, autonomie,…)". Les propositions institutionnelles devront répondre aux problématiques actuelles d'emploi, du chômage… Force est de constater que la bonne sémantique séduit toujours autant les orateurs de la politique.
Pour Didier Robert, s'émanciper c'est, "dans le cadre de la République, rejetter toutes les tutelles, tous les monopoles et positions dominantes qui prennent en otage les Réunionnais. (…) C'est aussi le souci de rompre avec les dépendances, de mieux connaître et d'exploiter ses propres ressources. (…) C'est enfin la capacité et la nécessité de s'auto-organiser, de reprendre en main son avenir. Une population unie sur un territoire cohérent doit pouvoir décider démocratiquement des grandes orientations et doit pouvoir conduire à leur mise en oeuvre".
Didier Robert veut une "autonomie d'action"
Il précise que son "émancipation" à lui n'a pas de lien avec l'évolution statutaire: "Les articles 72 et 73 de la Constitution reconnaissent déjà la capacité d'adapter les normes et institutions pour tenir compte des spécificités de nos territoires. (…) Je lance aujourd'hui un appel solennel à la responsabilité du gouvernement et du Parlement afin d'intégrer, dans le cadre de l'acte III de la décentralisation, la proposition réunionnaise de développement et d'émancipation républicaine".
Didier Robert milite pour "une autonomie d'action laissée à la Région sur le champ économique, celui de la fiscalité ou encore celui de la coopération et de l'insertion régionales. Je milite pour l'émancipation de la Réunion au sein de la République et de l'Europe".
Mise en place d'ateliers régionaux de la décentralisation
Plus qu'un débat sur le statut, "un prétexte pour l'immobilisme" pense-t-il, l'évolution réelle que l'actuel président de la collectivité régionale préconise est celle des compétences qui sont accordées à la Région aux collectivités territoriales, "à condition de faire preuve d'audace et d'innovation".
Didier Robert voit en ce débat une "étape essentielle qu'il faudra traverser sans turbulence idéologique et sans nécessaire remise en cause des fondamentaux de notre Constitution ni passage d'un article à l'autre, sans porter atteinte non plus à l'organisation administrative telle que nous la connaissons".
Dans le cadre de ce débat national sur ce projet d'acte 3 de la décentralisation, Didier Robert propose la création d'ateliers régionaux de la décentralisation en ouvrant partout à la Réunion des espaces de débats, d'échanges et de propositions.


