Patrimoine : Jacqueline Farreyrol estime avoir déjà rempli ses obligations

Sollicitée comme tous les autres élus par notre rédaction, la sénatrice, Jacqueline Farreyrol, a réagi à la question de la publication du patrimoine des élus. Elle estime qu'en ayant déclaré son patrimoine au début de son mandat, elle a rempli ses obligations et ne souhaite pas étaler publiquement ces informations.
"En France, comme élue de la nation, et comme le font aussi les candidats à l'élection présidentielle, j’ai eu à faire des déclarations de patrimoines à mon entrée à l’Assemblée nationale comme à mon entrée au Sénat. J’ai donc rempli, comme tous les autres élus, mes obligations. La question est donc non pas de dire à son voisin ce que l’on a mais d’être en règle avec tous et donc avec l’Etat", argumente-t-elle.
Pour Jacqueline Farreyrol, la question centrale est véritablement "de donner toute latitude à l’Etat pour qu’il contrôle efficacement et en profondeur, la situation patrimoniale des élus, mais aussi de tous les responsables de l’Etat qui sont à des postes clés", estime la sénatrice.
A la différence d’autres systèmes où la taxation sur les revenus se fait à la source, le système français lui est déclaratif. Il consiste donc en un contrôle à postériori. "Si ce contrôle existe c’est parce qu’il y a la tentation chez certains d’omettre de déclarer certaines choses, qu’il y a chez d’autres non pas l’intention d’omettre mais l’erreur involontaire. Personne ne doute du rôle essentiel des services des impôts, des brigades financières, des services judiciaires dans leur dévouement, leur vocation, leur engagement à remplir leur rôle de justice fiscale, et je suis pour ma part favorable à un accroissement de leurs moyens, pour qu’il ne puisse subsister aucun doute sur la probité de l’ensemble des élus et des responsables publics, et pour que ceux qui se rendent sciemment responsables d’omissions soient condamnés", poursuit-elle.
Dans une période économique difficile, "et parce que certains élus ou responsables publics pourraient avoir des patrimoines plus importants que d’autres", Jacqueline Farreyrol craint que ce "déballage public soit plus de nature à provoquer la convoitise, la jalousie, la suspicion sur l’origine de ces patrimoines, plutôt que de rassurer la population sur l’honnêteté de leurs possesseurs".
La sénatrice prône donc pour un contrôle plus poussé du patrimoine des élus afin de lever tous les doutes sur les élus, plus "que de savoir qu’ils ont un appartement ici, un livret A, ou une voiture qui a 300.000 km".


