Monique Orphé: "Je comprends ces jeunes mais je n'excuse pas les actes"

Zinfos974: Comment analysez-vous les événements qui se sont déroulés à Saint-Louis et au Chaudron ?
Monique Orphé : Qu'est-ce qui s'est passé au Chaudron ? Je vous rappelle que la protestation a débuté à Saint-Benoît et les tensions chez la jeunesse réunionnaise ne sont pas nouvelles. Derrière, il y a une problématique sociale, un cri de désespoir des jeunes. Encore la semaine dernière, j'ai reçu une vingtaine de jeunes au Chaudron âgée de 16 à 20 ans, de jeunes mères de famille qui ne veulent qu'une chose: du travail. Je comprends ces jeunes mais je n'excuse pas les actes.
Les jeunes manifestaient pour obtenir des contrats. Le gouvernement a mis en place les emplois d'avenir. Pensez-vous que ce soit la solution au problème de l'emploi à la Réunion ?
Les emplois d'avenir font partie des projets prioritaires qui ont été portés par François Hollande. Il y avait urgence à agir. Les emplois d'avenir sont une aide à la construction de ces jeunes. Aujourd'hui à la Réunion, nous avons un chômage structurel où 60% des jeunes sont sans emploi, cela ne se voit nulle part ailleurs. Je ne dis pas que les emplois d'avenir sont 'la' solution au problème d'emploi mais 'une' solution pour les jeunes. Je rappelle qu'avant les emplois d'avenir, il n'y avait rien. Tout le monde a fait ce constat. Je trouve que la durée du contrat de 3 ans est un bon temps à condition de jouer la carte de la formation avec un projet professionnel au bout, pour ensuite déboucher sur un emploi pérenne. Le dispositif d'emploi d'avenir est à destination des jeunes sans diplômes ou ayant un CAP ou un BEP. Ils auront un emploi payé au Smic. Cela a le mérite d'exister. Maintenant le Conseil régional ou général ne jouent pas le jeu pour la mise en place de ces emplois, ce que je déplore.
La Région ne veut pas mettre en place les emplois d'avenir car elle ne veut pas financer un dispositif que l'Etat devrait prendre en charge intégralement ? Comment réagissez-vous ?
Je suis désespérée. Il faut que les collectivités mettent la main poche. Elles doivent financer ce type de contrat à hauteur de 25%. Pour moi, Didier Robert est irresponsable. En Martinique, le Département a joué le jeu en finançant les emplois d'avenir. A la Région on annonce vouloir régler le problème des jeunes avec les contrats d'apprentissage. Encore faut-il qu'ils trouvent une entreprise. Et quels chefs d'entreprises va prendre un jeune non formé ? Pour moi c'est de la politique politicienne.


