Revenir à la rubrique : Politique

Commission de transparence: Tensions autour des emplois d'avenir

Cet après-midi s'est tenue la septième commission de transparence sur les contrats aidés en préfecture. Autour de la table, l'Etat, les collectivités, les représentants des communes, les députés, la Dieccte ou encore le Pôle emploi venus discuter du bilan de l'année 2012 et des orientations en terme de politique d'emploi pour l'année 2013. A l'extérieur de la préfecture, le collectif des emplois verts s'est déplacé pour connaitre le sort qui lui sera réservé cette année en terme de nombre de contrats affectés. Au-delà de la problématique des emplois verts, la tension s'est notamment cristallisée autour des 5.000 contrats d'avenir qui ne trouvent pas grâce aux yeux des collectivités et communes, au grand regret des députés socialistes.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 5 février 2013 à 20H23

Dans les jardins de la préfecture, le collectif des emplois verts a fait le déplacement pour demander à pouvoir assister à la commission de transparence qui s'est tenue cet après-midi dans les locaux de la préfecture à Saint-Denis. Le collectif est remonté contre l'Etat, qu'il accuse de bloquer la situation et de ne pas affecter le nombre de contrats nécessaires au renouvellement de l'ensemble des emplois verts. "On demande 2.268 contrats aidés pour le 1er semestre ce qui fait en tout 4.500 sur l'année", explique Brigitte Naze, présidente du collectif. Le collectif a attendu d'être reçu en préfecture, sans succès.

A l'intérieur, collectivités, communes, services de l'Etat se sont réunis pendant près de deux heures pour faire un état des lieux des contrats aidés pour le premier semestre 2013. Et les discussions n'ont pas été de tout repos à en croire certains participants. Premier à dégainer à la sortie, le député-maire de Saint-Leu. "Vous appelez cela une commission de transparence ? Mais tout est décidé en avance. Je ne trouve pas qu'il y ait beaucoup de transparence. Pour preuve, ce matin j'ai reçu l'arrêté portant sur l'utilisation des contrats aidé en 2013 alors même que la commission ne s'était pas réunie", lâche Thierry Robert.

La durée des contrats passée de 6 à 12 mois en moyenne

L'ensemble des participants s'est penché sur les orientations à apporter à la politique d'emploi à la Réunion pour l'année 2013. Pour rappel, l'année dernière 27.204 contrats aidés ont été distribués. Dans une optique "d'amélioration" de la qualité des parcours d'insertion, souligne la Préfecture, la durée moyenne des contrats aidés va être portée de 6 mois à 12 mois pour les 9.000 contrats aidés alloués au 1er semestre 2013.

 

Autre point évoqué pendant les discussions, les emplois d'avenir. En tout, 5.000 contrats sont affectés à la Réunion pour l'année 2013, mais ils sont loin de trouver preneur. Seulement 50 contrats ont été signés et 250 sont en attente de décisions dans certaines communes. Deux acteurs sont pointés du doigt dans le ralentissement du dispositif : la Région et le Département.

"Il faut que les deux collectivités mettent au pot"

"Nous allons signer prochainement 50 contrats d'avenir à Saint-Joseph. Mais nous aurions pu en signer entre 150 et 175 si la Région ou le Département avaient pris en charge le tiers résiduel", explique le député-maire PS de Saint-Joseph, Patrick Lebreton. Ce dernier rappelle que le gouvernement a été particulièrement généreux au moment de la distribution de quota d'emplois d'avenir à la Réunion (5.000) comparé à d'autres DOM (ndlr: 1.500 en Martinique). "La balle est dans le camps des collectivités. Il faut que les deux collectivités mettent au pot", ajoute-t-il. Jean-Jacques Vlody, député PS du Tampon, souligne que le nombre de contrats aidés est en hausse, si on les comptabilise en terme de mois (ndlr : Ils passent de 6 à 12 mois en moyenne). "Les contrats aidés sont adaptés en fonction du projet, du public et de l'activité. Du côté des emplois d'avenir je rappelle que les contrats courent sur 36 mois", explique-t-il. Sur le blocage des emplois d'avenir, le député PS n'est pas tendre. "Où est la mairie du Tampon ? Où est la mairie de Saint-Pierre et que fait la Région ?", s'interroge-t-il. "Il ne faut pas jouer avec le feu en prenant les jeunes en otage", s'insurge-t-il. Les mots sont lâchés.

Une question de financement

Du côté de la Région, qui gère notamment les emplois verts, on est sur la défensive. "Je rappelle que le nombre de contrats aidés a baissé et que nous nous voyons doter de 700 contrats aidés contre 1.134 attendus pour le 1er semestre", rappelle Serge Camatchy, vice-président de la Région. "Sur les emplois d'avenir, c'est à l'Etat de les mettre en place. Je rappelle que la politique de la Région se base sur les contrats d'apprentissage et que cela à un coût pour la collectivité de 120 millions d'euros", souligne-t-il. Pour autant, la Région dit "travailler" avec ses services au sujet des emplois d'avenir. Sans fermer la porte, la Région fait bien comprendre qu'il s'agit avant tout d'une "question de financement" et qu'elle n'est pas prête à mettre la main à la poche.

Au-delà de la tournure politique prise pas les emplois d'avenir, à la sortie de la commission, le collectif des emplois verts attendait de savoir le quota de contrats aidés qui leur serait attribué. Un collectif déçu car aucun décomptage n'a été effectué sur les emplois verts. "Nous n'avons pas plus d'informations ce soir. Nous ne savons pas quelle sera l'enveloppe allouée. Pour moi ces réunions de la commission de transparence ressemblent à des réunions 'théodules' et cela n'aboutit à rien", explique Brigitte Naze.

Ce soir, les emplois verts ne sont pas plus avancés et les tensions autour des emplois d'avenir ne font que se prolonger.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :