St-Denis: La descente aux enfers de la patronne du Charlot et du Gavroche

"Il est parti avec tout le matériel du Charlot, du frigo à la petite cuillère, dans la nuit du 21 août 2012. J'ai dû faire un constat d'huissier pour prouver qu'il n'y avait plus rien. Je me suis retrouvée avec le restaurant mais sans rien", annonce Fabiola Méteireau. Bien connue du monde de la restauration à la Réunion pour être la propriétaire de deux restaurants, le Charlot et le Gavroche, elle vit aujourd'hui un véritable calvaire, une descente aux enfers…
"Je me retrouve à payer toutes les dettes du Charlot puisque le restaurant est à mon nom. Sauf que je n'ai plus rien pour le faire tourner. Résultat, la banque a bloqué mes comptes car j'avais trop de dettes", ajoute-t-elle. Assise sur un pagne devant une agence bancaire à la Trinité, Fabiola Méteireau a entamé une grève de la faim pour se faire entendre et trouver une solution à sa situation.
"Avec ce qui est arrivé, toute ma trésorerie est partie en fumée et la banque ne veut plus me suivre", précise-t-elle. Il faut dire que le Charlot, rebaptisé la Casa après cet événement, était le restaurant qui marchait le mieux. Son autre établissement, le Gavroche, ne lui permet pas aujourd'hui de faire face aux charges trop importantes, les recettes ne suivant pas. "J'ai six salariés. Qu'est ce que je vais faire pour pouvoir les payer ?", s'interroge-t-elle. Avec un compte bloqué, Fabiola Méteireau assure ne pas pouvoir payer les salaires pour le mois de décembre.
"J'ai déposé une plainte contre lui et une procédure est en cours"
L'élément déclencheur de cette histoire est la séparation et la procédure de divorce entamée entre elle et son mari, un chef bien connu à la Réunion. Ce dernier a depuis remonté un nouveau restaurant à Sainte-Marie. "Mais il a remonté cet établissement avec le matériel du Charlot", dénonce Fabiola. "J'ai déposé une plainte contre lui et une procédure est en cours", poursuit-elle. En attendant, les deux restaurants de Fabiola tournent sur les réserves. "Quand je n'aurai plus de marchandises, les restaurants fermeront", lâche-t-elle.
Devant la banque, Fabiola Méteireau attend qu'une issue favorable soit trouvée pour éviter la fermeture des deux établissements. Dans la matinée, Philippe Doki-Thonon, président de l'UMIH (Union des métiers et industries de l'hôtellerie), est venu rencontrer le directeur de l'établissement bancaire, pour essayer de trouver une solution. Du côté de la banque, on ne souhaite pas faire de commentaires, "secret bancaire" oblige.
En début d'après-midi, une esquisse de solution s'est amorcée. Une solution loin d'être évidente pour Fabiola Méteireau, qui a malgré tout stoppé sa grève de la faim. "La banque pourrait me suivre mais elle demande de me séparer du restaurant le Gavroche. Je vais vraisemblablement devoir le placer en liquidation judiciaire et licencier", explique-t-elle avant d'ajouter : "C'est moi qui supporte tout et lui s'en sort sans aucun problème".


