Didier Robert reste muet sur sa rémunération à la SPLA Maraïna

Un rendez-vous manqué ? Pour la première fois, la controversée société publique locale d'aménagement Maraïna tenait une conférence de presse en forme de bilan pour un exercice 2012 de pleins pouvoirs. Quoi de plus normal en cette fin d'année, comme bon nombre d'administrations publiques... Sauf que ce satellite de la Région échappe en partie à cette logique. Côté transparence des rémunérations du moins.
Levier prospectif et d'études d'aménagement pour le compte de la Région mais aussi pour les collectivités de la Réunion, la SPLA entre sous le couvert de la "structure privée", dixit Didier Robert dès lors qu'il s'agit de parler rémunération de ses dirigeants.
Ni Didier Robert, son président, ni son directeur, Gilbert Rivière, n'ont souhaité lever définitivement les rumeurs entretenues en assemblée plénière par l'opposition à la pyramide inversée. Fers de lance de cette transparence qu'ils appellent de tous leurs voeux, André Thien Ah Koon et Camille Sudre devront donc attendre. Didier Robert maintient la réponse qu'il apporte à chaque fois : "La rémunération du président est fixée par le conseil d'administration et est réglementée par les textes". Un seul élément vient confirmer le fait que cette rémunération échappe à l'écrêtement lié au cumul des mandats. "C'est une activité différente de celle élective", reconnaît Didier Robert. On repassera pour la transparence.
Il faut rappeler que la structure a été créée en janvier 2010 par l'équipe de l'Alliance, soit deux mois avant son échec dans les urnes. Paul Vergès, son président originel, "a tardé à démissionner" malgré l'échec électoral poursuit Didier Robert, "sans vouloir polémiquer". Une démission intervenue en novembre 2010 et qui a retardé d'autant la passation de pouvoir au sein du satellite.
Certaines communes restent à l'écart
Cet épisode est mis en avant pour expliquer le retard à l'allumage. Le bébé se porterait beaucoup mieux aujourd'hui. Il grandit : "De 12 communes concernées à la création de la SPLA pour un capital de 1,4 million d'euros. Aujourd'hui, un an et demi après notre arrivée, 17 communes et deux EPCI (Cinor, Casud) sont actionnaires", se félicite Didier Robert. D'autres frappent à la porte : le Tampon, la Civis, Cilaos et Sainte-Marie. Certaines au contraire ont marqué leur refus d'intégrer le CA de Maraïna (Saint-Paul, Saint-Denis, les Avirons et Sainte-Rose).
Le fait que des collectivités ou communautés d'agglomérations soient partie prenante se matérialise par un gain de temps considérable, approuve l'équipe dirigeante. "La SPLA permet d'aller beaucoup plus vite", acquiesce Gilbert Rivière, à la fois pour les grandes opérations d'intérêt régional mais aussi pour les opérations communales que les mairies ne peuvent porter seules. La SPLA est ainsi chargée d'accélérer les chantiers du Plan de relance régionale pour les communes.
Si l'année 2011 a été celle de l'installation -la structure a trouvé ses locaux de Saint-Paul en janvier dernier- celle de 2012 a marqué un virage plus opérationnel et même élargi aux collectivités non actionnaires. L'exercice 2011 a engendré un volume de travaux de 43 millions d'euros pour 1,6 million de chiffre d'affaires. En 2012, le volume global a atteint les 62 millions en travaux, 6 millions en CA. 100 millions d'euros, enfin, c'est la somme qui sera injectée pour les réhabilitations de lycées, de centres de formation, d'équipements culturels ou d'assistances à maîtrise d'ouvrage en appui des communes pour les deux prochains exercices.


