La Mascareignes : S. Payet courra en hommage aux victimes de violences conjugales

Sabrina Payet n'a rien d'une traileuse. D'ailleurs, la jeune femme de 29 ans n'est pas vraiment non plus une sportive accomplie : "Je faisais un peu de sport avec mes amis", reconnaît-elle sans en rajouter. Ces derniers mois, depuis qu'elle a pris la décision, au mois de février, de participer à la Mascareignes, longue de 63 kilomètres, Sabrina a toutefois multiplié les activités physiques pour préparer l'épreuve.
Pas question pour elle d'abandonner en cours de chemin. Elle participe à cette course pour rendre hommage aux femmes victimes de violences conjugales, un domaine qu'elle connaît particulièrement bien puisqu'elle est employée à l'association "Femmes des Hauts, Femmes d'Outre-Mer" en lien avec le collectif d'élimination des violences intrafamiliales (CEVIF). Chaque jour, son travail consiste à accueillir et orienter les victimes de violences qui poussent la porte de l'association, située au Tampon.
"Il existe des associations qui peuvent les aider"
Il s'agira de sa première course de montagne. Elle dit avoir attrapé le virus par le biais d'un ami qui lui a fait découvrir les joies du crapahutage intensif dans les hauts de l'île. Avec le dossard N° 3083 dans le dos, Sabrina Payet espère que sa démarche permettra de faire connaître un peu mieux son association. Certes, elle veut rendre hommage aux victimes et notamment à celles du très récent drame de Saint-Louis "qui seront dans son cœur" tout au long de l'épreuve. Mais à travers cette initiative, elle espère surtout que des femmes se sentiront épaulées dans leur combat. "Il existe des associations comme "Femmes des Hauts, Femmes d'Outre-Mer" qui peuvent les aider", insiste-t-elle.
Pour réussir son pari, de rallier le stade de la Redoute depuis Grand Ilet en moins de 18 heures, l'agent de cohésion familiale a bien repéré le terrain à travers des sorties tous les 15 jours. Elle s'attend donc à souffrir à l'heure de franchir le "fameux mur de Dos d'âne...". En attendant que l'acide lactique commence à lui brûler les mollets, Sabrina Payet aura une pensée pour ses amis, sa famille et surtout pour la quinzaine de bénévoles qui s'investit au quotidien dans l'association qui l'emploie. Nul doute qu'ils seront également tous derrière elle samedi, et en particulier Sophia Castaingt.
La président de l'association ne tarit pas d'éloges à son sujet : "C'est une grosse bosseuse", reconnaît-elle. Reste à savoir si cette première fera boule de neige auprès de celles qui s'investissent au quotidien pour lutter contre les violences conjugales. C'est possible...


