Tribunal correctionnel : Huit prévenus condamnés pour trafic de zamal

Huit prévenus interpellés entre Saint-Benoît et Saint-Pierre pour des faits de trafic de zamal entre 2007 et 2009 étaient à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis ce matin. Tous devaient répondre de cession, acquisition et transport de produits stupéfiants. A la tête de ce trafic, Guy Robert, bazardier de son état, déjà condamné par le passé pour des faits similaires. Pendant deux ans, les huit comparses ont monté un petit trafic de zamal sur toute l'île qui leur rapportait entre 800 et 1.000 euros par mois.
Tout ce petit monde a été interpellé au mois de juin 2009, après une longue surveillance de la part de la gendarmerie, notamment téléphonique, qui a permis aux enquêteurs de remonter toute la filière. Lors de l'interpellation de Guy Robert et de son chauffeur, Laurent Grondin, le bazardier n'a pas de permis et 3 kilos de zamal et 1.800 euros en cash sont découverts dans la voiture. Guy Robert effectuera sept mois de détention provisoire avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Sur les huit prévenus, chacun avait son rôle. Quand un procédait à la plantation, l'autre faisait la livraison et le dernier la vente. Même si les sommes ne sont pas importantes et le trafic n'est pas d'une grande envergure, comme l'ont expliqué les avocats de la défense, l'avocate générale, Elise Tamil, a rappellé que le trafic de stupéfiants est passible d'une condamnation allant jusqu'à 10 ans de prison.
La question de la place du zamal dans la société réunionnaise
Lors des gardes à vue, les prévenus ont tous reconnu leur culpabilité. Les réquisitions du ministère public sont allées dans ce sens. "Quatre groupes étaient identifiés dans ce trafic, les planteurs, les fournisseurs, les chauffeurs et les revendeurs (…). Dans cette affaire, tout le monde a tenté de se faire un complément de revenu, mais je dois rappeler qu'il s'agit d'une activité illégale. Les peines demandées prendront en compte les rôles de chacun", souligne Elise Tamil. Des peines allant de la simple amende à de la prison ferme pour le "cerveau" du trafic.
La défense a mis en avant la personnalité des accusés, certains étant insérés dans la société, n'ayant pas de casier judiciaire, tout en minimisant l'ampleur du trafic. D'autres avocats ont été plus loin et ont remis la présence du zamal dans la pharmacopée réunionnaise et la question de la dépénalisation du cannabis sur le tapis.
Après une demi-heure de délibéré, les accusés sont reconnus coupable des faits reprochés. Guy Robert écope de 4 ans de prison dont 3 avec sursis et mise à l'épreuve, aucun mandat de dépôt n'est prononcé à son encontre étant donné qu'il a déjà fait 7 mois de détention provisoire. Laurent Grondin, incarcéré dans une autre affaire au moment de ce procès, écope de 8 mois de prison dont 4 mois avec sursis et mise à l'épreuve. Vincent Tricard, Joseph Payet, Jonathan Grondin, Jean Belhomme et José Amblancourt écopent de 4 mois de prison avec sursis et André Ablancourt est condamné à 2 mois avec sursis et 1.000 euros d'amende.


