Procès Civis : la Semita et l'infogérance au coeur de l'affaire

Hier, lors de la deuxième journée d'audience du procès en appel des marchés informatiques truqués de la Civis, la cour s'est penchée sur le rôle joué par la Semita, la société d'économie mixte qui raflera le juteux contrat de maintenance informatique, dit contrat "de l'infogérance".
La création de cette Sem est pointée du doigt et ce contrat représentait le plus gros marché dans ce scandale politico-financier, environ 10 millions d'euros.
L'attribution de ce marché est suspecte, d'autant que la Semita sera la seule en lice. Les différents protagonistes ont donc dû s'expliquer et plus particulièrement Michel Fontaine, le sénateur-maire de Saint-Pierre et président de la Civis. Les juges ont tenté de savoir s'il n'était pas le véritable patron de cette Sem.
Semita, "pompe à fric"
Grand absent de ce procès, Hugues Salvan. L'ancien maire de Saint-Philippe, qui n'a pas fait appel, a toujours mis en cause Michel Fontaine et Willy Caderby, le président de la Sem bien connu pour son très haut niveau d'incompétence en matière d'informatique. Selon Hugues Salvan, la Semita, qu'il qualifiait de "pompe à fric", aurait été spécialement conçue par les deux hommes pour que le marché de l'infogérance lui soit attribuée. Évidemment, Michel Fontaine s'en défend en expliquant qu'il n'était pas administrateur de cette société et que la création de la Sem a été validée par les maires et le conseil communautaire de la Civis.
De son côté, Willy Caderby charge son ancien directeur, Aslam Mallam Rashed et affirme que la création de la Semita n'avait pas pour unique but de décrocher le marché de l'infogérance. Difficile à croire alors que 88% du chiffre d'affaires de la Sem proviendra de ce marché.
Hier les juges se sont finalement penchés sur la place du Syndicat mixte de coopération du Sud (SMCS), qualifié de "boîtes aux lettres pour payer des prestations fictives à la Semita" selon les informations du Journal de l'Ile.
Les débats sont maintenant terminés, place aujourd'hui aux réquisitions et aux plaidoiries.


