La descente aux enfers d'une locataire handicapée...

Cela fait maintenant six ans que Claudine habite une maison mitoyenne en location à la Convenance à Sainte-Marie. Dès qu'elle emménage, les ennuis commencent. Le jour où le livreur lui dépose ses meubles, les locataires, où plutôt "co-locataires" indique Claudine vu qu'aucun mur ne sépare les deux logements, se mettent à insulter le livreur parce que le portail reste ouvert pendant l'emménagement... Mais cette mésaventure n'est rien à côté de ce que Claudine va vivre pendant six ans.
En 2005, Claudine est victime de deux maladies orphelines qui l'empêchent de travailler. S'en suit un divorce qui se passe très mal. Elle est condamnée à payer près de 100.000 euros à son ex-mari, malgré son maigre revenu de personne invalide. Son procès doit passer en cours de cassation après qu'elle ait changé deux fois d'avocat. "Je ne comprend pas comment fonctionne la justice. Je suis handicapée et ne perçois que 1.000 euros pas mois. Et on me condamne à régler des dommages et intérêts pour avoir abimé sa mison alors que je n'ai fait que récupérer mes meubles et déposer ses affaires à même le sol. Je suis incapable de payer une telle somme. Dans cette affaire, j'ai aussi perdu ma propriété à la Montagne".
Mais son calvaire ne s'arrête pas là. En 2008, le faux-plafond au-dessus des marches de l'entrée s'effondre alors qu'elle se trouve en-dessous. Depuis, c'est une chaleur insupportable qui se dégage du toit. "Le propriétaire n'est jamais venu réparer". En 2009, ce dernier force la porte de son entrée avec les pompiers, croyant qu'elle s'est suicidée. "J'étais en train de dormir quand j'ai entendu qu'on essayait de forcer ma porte d'entrée. Après que les pompiers soient partis, le propriétaire m'a engueulée parce que j'avais laissé ma clé dans la serrure alors que j'étais chez moi. Il a la clé de chez moi et peut rentrer quand il veut", se désole Claudine.
Comme Claudine a de plus en plus de mal à se déplacer avec sa béquille, elle demande au propriétaire d'installer une main-courante au niveau de l'escalier d'entrée. Ce dernier se contente de poser quatre tasseaux, fixés de manière plus ou moins alignée. En 2010, le jour de Nöel, elle reçoit le faux-plafond de sa chambre sur la tête. En 2011, c'est la justice qui l'a condamne à régler un loyer impayé d'un montant de 850 euros, alors qu'elle a en sa possession, toutes ses quittances de loyer. "Mon avocate m'a répondu que mon propriétaire doit connaître des gens au tribunal", ce qui a laissé Claudine sans voix, impuissante face à une situation qui lui échappe.
Hier, c'est le faux-plafond de sa chambre qui lui est tombé sur la tête. "Pendant les travaux dont je doute de la conformité, il n'a pas nettoyé. Il y avait des cadavres de cafards, de papillons et plein de saletés qui s'étaient accumulées au-dessus du sous-plafond". L'année dernière, elle reçoit en cadeau une climatisation qu'elle fait installer dans sa chambre. "Le propriétaire m'a sermonnée en disant que je n'avais pas le droit d'installer de climatisation".
Désespérée, Claudine a des idées noires et pense au pire. "J'ai tout perdu. Mon ex-mari paye l'ISF et c'est moi qui suis condamnée à lui payer des dommages et intérêts. Aujourd'hui j'ai peur après tout ce qui m'arrive depuis mon divorce en 2005".
Quoi qu'il en soit, Claudine veut garder espoir. Elle compte bientôt camper devant le cabinet dentaire de son mari afin d'interpeller l'opinion publique sur son triste sort.
* Claudine est un prénom d'emprunt


