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Municipales au Tampon : Alexis Chaussalet conforté après l’examen de la protestation électorale de Patrice Thien Ah Koon

Ecrit par T.L. – le mercredi 2 septembre 2026 à 16H33

Après le passage de l'étape de validation de ses comptes de campagne, le maire du Tampon devra franchir un second col avec la confirmation attendue de son succès électoral par le tribunal administratif. Lors d’une audience tenue ce 2 septembre, le rapporteur public a conclu au rejet de l’ensemble des arguments de son dauphin Patrice Thien Ah Koon, qui demandait l’annulation du scrutin.

Avec ses 806 voix d’avance sur 39.166 suffrages exprimés, Alexis Chaussalet peut considérer qu’il s’est imposé sur le fil, le 22 mars dernier, lorsqu’il a ravi à Patrice Thien Ah Koon le fauteuil de maire du Tampon. Mais en matière de protestation électorale, 806 voix constituent un solide matelas quand son rival tente de faire annuler le scrutin.

Ce mercredi 2 septembre, le tribunal administratif de La Réunion a examiné en audience le contentieux électoral formé par Patrice Thien Ah Koon, après avoir balayé en quelque secondes celui déposé en catimini par Nathalie Bassire le 16 août dernier, complètement hors délai et donc irrecevable.

Représenté par Me Olivier Tamil, Patrice Thien Ah Koon était absent de l’audience, tandis qu’Alexis Chaussalet avait fait le déplacement à Saint-Denis. Le maire du Tampon a écouté avec attention les nombreux arguments de son rival être rejetés, un à un, par le rapporteur public, lequel a conclu en faveur du strict maintien des résultats du scrutin.

Pas de promotion d'Alexis Chaussalet dans le magazine de la Région

Après la validation des comptes de campagne du jeune maire de gauche, le moyen principal de la protestation électorale portant d’une part sur un soutien illégal de la Région par le biais d’une campagne promotionnelle de son bilan de mi-mandat, et, d‘autre part, sur l’affichage du visage d’Huguette Bello sur des Car Jaune pendant la période électorale, apparaissait moins solide qu’espéré par le requérant.

Lire aussi : Patrice Thien Ah Koon conteste sa défaite face à Alexis Chaussalet

Le rapporteur public a ainsi relevé que le magazine promotionnel de la Région ne comportait aucun élément valorisant Alexis Chaussalet ou la commune du Tampon, qui était du reste dirigée de longue date par la famille Thien Ah Koon. Quant à l’affichage sur les bus de la présidente de Région, constaté par voie de commissaire de justice les 11 et 12 septembre 2025, soit durant la période de campagne électorale, il est imputé à un défaut de l’entreprise chargée de retirer les images publicitaires, sans du reste que ne soit établi un impact de ce dépassement de délai sur le scrutin du Tampon.

Le second moyen de la protestation électorale consistait en une dénonciation de propos qualifiés de diffamatoires à l’encontre de l’ancien chef de cabinet de Patrice Thien Ah Koon, qui aurait été accusé sur une page Facebook de s’être rendu complice d’un film pédopornographique, en lien avec « une information pour corruption de mineurs clôturée pour éléments insuffisants ».

Les accusations contre l'ancien chef de cabinet du Tampon ressurgissent

Pour le rapporteur public, la diffamation n’est pas prouvée et Patrice Thien Ah Koon n’établit pas qu’il était dans l’impossibilité de répondre à cette publication (reprise selon le requérant par un des soutiens d’Alexis Chaussalet) au moment où elle a été mise en ligne. Un post dont l’impact sur le scrutin n’est, là encore, pas mesuré et qui n’est pas considéré comme ayant altéré la sincérité du vote.

L’avocat d‘Alexis Chaussalet, Me Jean-Christophe Ménard, a du reste contesté que la publication fasse état d’un film pédopornographique, ajoutant qu’elle portait sur la radiation des cadres de l'État de l’ancien chef de cabinet du Tampon, pour des manquements déontologiques. Sur le banc adverse, en revanche, on estime que ce grief est d’une telle gravité qu’il devrait suffire à annuler l’élection.

Lire aussi : Les comptes de campagne validés des maires réunionnais disent-ils vraiment qu'ils ont tout fait dans les règles ?

Le rapporteur public n’a pas non plus retenu les propos diffamatoires attribués à Nathalie Bassire, qui aurait accusé Patrice Thien Ah Koon d’avoir été radié de l’Ordre des notaires alors qu’il en a démissionné. Alexis Chaussalet, lui, aurait traité son adversaire de « fils à papa » et de « délinquant », mais le rapporteur public considère dans les deux cas que ces propos diffamatoires ne constituent pas un élément nouveau de la campagne électorale.

Une issue annoncée devant le Conseil d'État

Rejet, aussi, pour le moyen consistant à dénoncer une réunion politique menée par le candidat de la gauche devant l’église du Tampon : le rassemblement s’est tenu sur le parvis où se déroulent les Florilèges et d‘autres manifestations publiques, sur une parcelle distincte de celle de l’église.

Sans attendre la décision des magistrats annoncée pour le 8 septembre, qu’on imagine proche des conclusions du rapporteur public, Me Olivier Tamil confirme la volonté de son client de former un appel devant le Conseil d’État en cas de rejet de sa protestation.

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