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Saint-Benoît : après Garance, le gymnase Christophe Ramon entre dans le temps de la reconstruction

Ecrit par P.M. – le mardi 25 août 2026 à 16H27
Devant durer environ trois mois, la phase de démolition du gymnase a été lancée ce matin.

Durement touché par le cyclone Garance, le gymnase Christophe Ramon, à Beaulieu, vit ses derniers jours. La commune a lancé ce mardi sa démolition, première étape d'une reconstruction à plus de 9 millions d'euros. Un investissement conséquent, largement financé par les partenaires de la commune, l'Etat en tête, pour un équipement que Patrice Selly présente aussi comme l'un des symboles du renouveau de la ville. Avant cela, il faudra mener un chantier de déconstruction délicat, notamment en raison de la présence de plomb sur les structures métalliques.

Les premiers coups de pelle ont été donnés ce mardi. Face à l'imposant engin chargé de grignoter progressivement le bâtiment, Patrice Selly a même pris place quelques instants aux commandes, sous l'œil des équipes du chantier. Un geste symbolique pour le maire de Saint-Benoît : près d'un an et demi après le passage du cyclone Garance, la disparition du gymnase Christophe Ramon ouvre surtout la voie à sa reconstruction.

Construit en 1987 à Beaulieu, l'équipement a accompagné plusieurs générations de Bénédictins. Écoliers, collégiens, lycéens, gymnastes et pratiquants de sports collectifs s'y sont succédé. La JSB Handball y évoluait notamment. Mais les importants dégâts provoqués par Garance en février 2025 ont rendu le bâtiment impraticable. Plutôt qu'une réhabilitation, la municipalité a finalement choisi l'option d'une démolition complète suivie de la construction d'un nouvel équipement.

"C'est un symbole fort pour notre ville, pour les Bénédictines et les Bénédictins", insiste Patrice Selly. Le maire voit dans cette opération davantage que le remplacement d'un équipement sportif. Il l'inscrit dans une transformation plus large de Saint-Benoît, citant le TCSP de l'avenue Jean-Jaurès ou encore le boulevard urbain et le prolongement de la quatre-voies. Après les dégâts de Garance vient donc, selon lui, le temps de la reconstruction et d'un "nouveau chapitre" pour la commune.

Un financement à plus de 80 %

L'ampleur du chantier est à la hauteur des dégâts subis. La reconstruction est évaluée à plus de 9 millions d'euros. Mais pour la mairie, le plan de financement est désormais suffisamment solide pour avancer.

L'État doit apporter près de 5,5 millions d'euros dans le cadre du pacte d'avenir mis en place après Garance. Le Département devrait également participer à hauteur d'environ un million d'euros, tandis que le Fonds vert doit compléter le montage. La Ville indique également avoir sollicité la Région sur ses fonds propres mais ne pas avoir obtenu de réponse pour l'heure.

Au total, Patrice Selly estime que le taux de cofinancement dépasse 80 %, contre 60 à 70 % habituellement sur ce type d'opération. La part restant directement à la charge de Saint-Benoît se situerait entre 15 et 17 %, soit un peu plus d'un million d'euros.

Pour le maire, ce niveau d'accompagnement n'est pas anodin. Il traduit aussi la reconnaissance de l'ampleur des conséquences de Garance pour Saint-Benoît. "Tout le monde a pu constater que Saint-Benoît a lourdement subi les conséquences du cyclone", souligne-t-il.

Plomb, poussières et bruit : une démolition sous précautions

Avant de reconstruire, il faut cependant faire disparaître l'ancien gymnase. Et l'opération reste délicate.

Le diagnostic réalisé avant le chantier a écarté la présence d'amiante. En revanche, du plomb est présent dans les revêtements de certaines structures métalliques, imposant un protocole particulier de déplombage avant leur découpe et leur évacuation.

"Il faut être vigilant", résume le responsable de Sud Terrassement, Thomas Bigey. La méthode consiste à travailler d'abord à l'intérieur du bâtiment avant de s'attaquer à son enveloppe extérieure. Une manière de conserver le plus longtemps possible une enceinte limitant la propagation des poussières, mais aussi du bruit lié aux opérations. Les entreprises Sud Terrassement et GTOI interviennent sur cette phase de déconstruction et de déplombage.

La proximité immédiate de l'école primaire André-Marimoutou impose également des contraintes. Les interventions les plus bruyantes doivent être adaptées aux horaires scolaires et un dispositif de brumisation est prévu pour limiter la dispersion des poussières.

La ville annonce cinq semaines pour la phase principale de démolition, facturée 190 000 euros. Les entreprises évoquent, elles, jusqu'à deux à trois mois en intégrant l'ensemble des opérations de dépollution, de déconstruction et de remise au propre du site. Les matériaux seront en partie valorisés : les métaux doivent rejoindre CUB Industrie à Cambaie et les gravats Teralta à Bras-Panon.

De la démolition au nouveau gymnase : le calendrier

Une fois le terrain libéré et sécurisé, une autre phase, moins spectaculaire mais déterminante, commencera. Le concours de maîtrise d'œuvre est déjà engagé. La mairie analyse actuellement les candidatures et doit sélectionner trois groupements, chargés ensuite de proposer chacun une esquisse. Un jury choisira le lauréat avant le lancement des études puis des procédures nécessaires aux travaux.

C'est ce calendrier administratif qui explique le délai entre la démolition actuelle et les premiers travaux du nouvel équipement. La mairie situe désormais le début de la reconstruction à la fin de l'année 2027. Le chantier devrait ensuite durer environ 18 mois, ce qui conduit à une livraison envisagée fin 2028 ou au tout début de 2029, selon Patrice Selly.

Le futur Christophe Ramon ne sera pas une simple copie de celui de 1987. Le programme prévoit notamment une salle multisports de 1 260 m², une salle de gymnastique de 660 m², un espace consacré à la baby-gym ainsi que les locaux nécessaires au fonctionnement du complexe. Des gradins offrant davantage de capacité et un mur d'escalade sont également évoqués par le maire. La surface de gymnastique doit être augmentée et les dégagements adaptés aux normes actuelles.

La résistance aux phénomènes cycloniques doit, elle aussi, faire partie des exigences du futur projet, avec la prise en compte de l'évolution du climat dans le programme technique.

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