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À Saint-Louis, Édouard Philippe veut donner plus de marge de manœuvre au couple maire-préfet

Ecrit par Prisca Bigot – le mardi 25 août 2026 à 07H16

À Saint-Louis, Juliana M'Doihoma a confronté Édouard Philippe aux difficultés que certaines réglementations nationales posent au développement de sa commune. Le candidat à la présidentielle défend une plus grande capacité d'adaptation locale, reposant sur le maire et le préfet.

Après les échanges avec les acteurs économiques, Édouard Philippe a poursuivi sa visite à Saint-Louis. Juliana M'Doihoma a choisi de lui présenter non pas seulement les réussites de sa commune, mais aussi les projets qui peinent à avancer en raison de réglementations insuffisamment adaptées aux réalités locales.

L'élue a ainsi souhaité "mettre le doigt sur ce qui se décide à Paris, mais qui, en réalité, nous pose des difficultés et constitue des freins au développement local". La question se pose ici pour le développement des villages des Hauts. "Moi, je n'ai pas la belle plage de Saint-Gilles, celle de Saint-Leu ou Saint-Pierre", souligne-t-elle. Agrandissement de l'Observatoire des Makes, projet d'hébergement touristique, ou tout simplement logements, ces projets se heurtent ici aux contraintes liées à la loi Littoral. Un non sens pour la maire qui souhaite que "les belles idées qui sont dans de jolis catalogues qu'on appelle le CIOM (comité interministériel des Outre-mer) deviennent réalité pour nos territoires", lance-t-elle.

Edouard Philippe veut faire davantage confiance aux maires et aux préfets

Il ne s'agit pas de remettre en question la loi Littoral, assure Édouard Philippe, mais de donner davantage de latitude dans son application, plaide-t-il. "les élus locaux ont l'immense avantage de très bien connaître leur territoire et d'être directement responsables de leurs décisions devant les électeurs".

Le candidat propose ainsi de s'appuyer sur le couple maire-préfet pour apprécier certaines situations particulières. "Lorsqu'il y a un cadre juridique très général, même quand il est contraignant, il peut être intelligent de faire confiance au maire qui a été élu, et au préfet [...] pour dire : oui, là, les conditions sont réunies. Ça n'a pas été prévu comme ça dans la loi, mais l'objectif général de la loi est respecté."

Une souplesse qui resterait encadrée, assure-t-il en promesse de campagne alors que ces difficultés ne sont pas propres à La Réunion.

Accueil républicain pour M'Doihoma, soutien assumé de Fouassin

Cette visite prend aussi évidemment une dimension politique. Sur ce terrain, Juliana M'Doihoma tient à poser clairement ses limites. "Moi, aujourd'hui, j'accueille surtout de manière républicaine un collègue maire et puis un ancien Premier ministre". "Je ne suis pas là non plus pour apporter un quelconque soutien à qui que ce soit, ce n'est pas le calendrier."

La maire estime néanmoins nécessaire de profiter du passage de responsables ayant exercé le pouvoir et/ou aspirant à diriger le pays pour "parler vrai, parler concret" des difficultés du territoire. Un accueil républicain qu'elle réservera à tous les candidats qui ne se situent pas, par conviction personnelle, aux deux extrémités de l'échiquier politique, cadre-t-elle.

Stéphane Fouassin affiche, lui, sans ambiguïté son soutien au candidat. Le sénateur met notamment en avant son expérience d'élu local. "Ce n'est pas un candidat qui est hors sol, au contraire, c'est un candidat qui comprend parfaitement nos difficultés."

Pour le sénateur, le candidat Horizons semble le plus à même de prendre en compte les contraintes budgétaires. "On ne va pas à l'aventure dans une élection présidentielle, on y va avec des gens qui sont sérieux, des gens qui sont capables et des gens qui connaissent parfaitement vos territoires", conclut-il.

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