Le CHU de La Réunion sous pression : "saturation majeure", manque de lits et appel au 15

Confronté à une forte tension sur ses capacités hospitalières et à des difficultés pour trouver des lits aux patients devant être hospitalisés, le CHU de La Réunion appelle ce jeudi la population à ne pas se rendre directement aux urgences sans avoir préalablement composé le 15. Une situation qui intervient alors que l’ARS vient d’autoriser, à titre exceptionnel, l’ouverture de 23 lits de médecine à la Clinique Les Orchidées pour soulager l’hôpital public.
Les urgences réunionnaises sont sous pression. Dans un communiqué diffusé ce jeudi 20 août, le CHU de La Réunion fait état d’une « situation de forte tension sur l’ensemble de ses capacités hospitalières ». L’activité des services d’urgences est particulièrement soutenue, tandis que les services d’hospitalisation connaissent une forte occupation. À cela s’ajoutent « des difficultés importantes pour trouver des lits d’aval pour les patients nécessitant une hospitalisation ».
Une situation qui se traduit directement pour les patients par un allongement des délais de prise en charge aux urgences, mais également par des possibilités plus limitées d’hospitalisation.
Face à cette tension, le CHU demande donc aux Réunionnais de ne pas se rendre directement aux urgences sans avoir appelé au préalable le SAMU-Centre 15. Accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, le numéro permet à un professionnel d’évaluer la situation et d’orienter le patient vers la réponse la plus adaptée : conseil médical, médecine de ville, autre structure de soins ou urgences lorsque la situation le nécessite.
Lorsque leur état de santé le permet, les patients sont également invités à se tourner en première intention vers leur médecin traitant ou les autres solutions de soins disponibles sur le territoire. L’objectif est de limiter les passages ne nécessitant pas le plateau technique hospitalier et de préserver les moyens des équipes pour les prises en charge urgentes et les patients devant être hospitalisés.
Une « saturation majeure » ces dernières semaines
L’alerte lancée ce jeudi par le CHU intervient dans un contexte hospitalier déjà particulièrement tendu. Une décision prise le 14 août par l’Agence régionale de santé (ARS) permet de mesurer l’ampleur des difficultés rencontrées ces dernières semaines.
Dans ce document, l’ARS indique que le CHU a été confronté à une « situation de saturation majeure des capacités d’hospitalisation ». Surtout, cette saturation est intervenue « en dehors de tout épisode épidémique identifié », traduisant selon l'agence un « déséquilibre structurel entre les flux d’admission et les capacités d’aval disponibles ».
Si une amélioration avait alors été constatée, l’ARS estimait que l'équilibre demeurait fragile et que les tensions étaient susceptibles de s’accentuer avec la rentrée scolaire et à l’approche du mois de septembre, une période traditionnellement marquée par une hausse de l’activité hospitalière et des admissions non programmées.
23 lits mobilisés à la Clinique Les Orchidées
Pour dégager des capacités supplémentaires, une solution exceptionnelle a été trouvée du côté de la Clinique Les Orchidées, dans l’Ouest. L’établissement avait dû interrompre temporairement ses activités de chirurgie et d’obstétrique après l’incendie survenu dans la nuit du 17 au 18 juillet sur son plateau technique opératoire. Cette interruption a rendu disponibles des capacités d’hospitalisation ainsi que des ressources humaines.
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À la demande de la clinique et avec le soutien du CHU, l’ARS a donc autorisé à titre dérogatoire et temporaire Les Orchidées à exercer une activité de médecine. Une unité de 23 lits peut ainsi accueillir des patients adultes médicalement stabilisés, dont l’état ne nécessite plus une prise en charge sur le plateau technique du CHU. Leur transfert doit permettre de libérer des lits hospitaliers et de fluidifier les parcours des patients.
Cette autorisation, entrée en vigueur le 17 août, est accordée pour une durée de deux mois et pourra être prolongée sur décision expresse du directeur général de l’ARS.


