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Saint-Pierre : un prof de guitare condamné pour des attouchements sur une élève mineure

Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 20 août 2026 à 06H35
Photo d'illustration : Pixabay

Un Saint-Pierrois a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des faits d’agression sexuelle sur mineurs. Il devenait de plus en plus tactile envers la jeune fille de 8 ans à qui il donnait des cours. Il a été condamné à une peine de 8 mois avec sursis.

En avril 2023, une mère de famille se rend au commissariat de Saint-Pierre pour déposer plainte. Sa fille vient d’avouer que le prof de guitare la caressait et qu’il l’avait bloquée lors du dernier cours. Trois jours plus tard, la famille reçoit un mail d’Emmanuel S. qui s’excuse de son « comportement déplacé ».

Lors de sa garde à vue, il va expliquer que Lola* lui faisait penser à sa fille et assure que les parents étaient au courant de ses méthodes. L’enquête ne trouvera pas d’autres mineurs se plaignant de gestes déplacés de sa part. Cependant, le fait qu’il ait proposé de passer les cours de 30 minutes à une heure gratuitement ajoute à la suspicion.

« Je n’aurais jamais dû la chatouiller »

« Pédagogiquement parlant, je n’aurais jamais dû la chatouiller et entrer dans sa vie privée », explique Emmanuel aux magistrats. Il jure n’avoir fait aucun geste sexuel envers elle et regrette de lui avoir parlé de ses scarifications. Lorsque la présidente du tribunal lui demande pourquoi il avait rallongé le cours gratuitement, il explique qu’il voulait préparer un concert avec plusieurs élèves, tout en reconnaissant que « c’était stupide » de sa part.

Présent à l’audience, le père de la victime explique qu’il voyait l’enthousiasme de sa fille « s’éroder » au fil des mois. Il affirme que sa fille avait été marquée par les scarifications d’Emmanuel. « J'aimerais juste savoir pourquoi il a jeté son dévolu sur ma fille ? », termine-t-il.

Pour la procureure, « rien ne permet de remettre en cause la parole de la victime. Il reconnaît les chatouilles et l’avoir bloquée une fois. Son activité n’implique aucun contact physique. Ses gestes avaient un caractère sexuel. » Mais face au faible risque de réitération, elle requiert une peine de 6 mois de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer une profession en lien avec des mineurs.

"Il n’y a pas eu de contact"

Du côté de la défense, l’avocate rappelle que la jeune fille a également subi une agression sexuelle par la suite de la part d’un voisin. C’est pourquoi, lors de son audition, elle a souvent évoqué « l’autre » agresseur pour des faits reprochés à son client. « Il n’y a pas eu de contact, juste cette bataille de chatouilles », conclut-elle en demandant la relaxe.

Le tribunal le reconnaît coupable et le condamne à 8 mois de prison avec sursis, l’interdiction d’exercer une profession en lien avec des mineurs pendant deux ans et son inscription au Fijais, le fichier des délinquants sexuels.

* prénom d'emprunt

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