Retraites : les pensions les plus élevées pourraient être moins revalorisées en 2027

La désindexation des pensions de retraite revient sur la table à l’approche de l'examen du budget 2027 de l'Etat. Pour réaliser des économies tout en épargnant davantage les petites pensions, le gouvernement étudie notamment un scénario prévoyant trois niveaux de revalorisation selon le montant perçu. Aucun arbitrage n’a toutefois encore été rendu.
Après avoir été au cœur des discussions budgétaires l’année dernière, la question de la désindexation des retraites refait surface. Le gouvernement réfléchit à une augmentation des pensions moins importante que l’inflation en 2027, mais cherche cette fois à moduler l’effort demandé aux retraités selon le niveau de leur pension.
Plusieurs scénarios sont actuellement étudiés par l’exécutif. Parmi eux figure la possibilité de mettre en place trois taux différents de revalorisation. Le principe serait de protéger les pensions les plus modestes et de demander un effort plus important aux retraités disposant des pensions les plus élevées.
À ce stade, les seuils permettant de déterminer les différentes catégories de retraités ne sont pas arrêtés. Les arbitrages du gouvernement sont attendus en septembre, dans le cadre de la préparation des textes budgétaires pour 2027.
A la recherche d'économies
Le dossier est particulièrement sensible. En principe, les pensions de retraite de base sont revalorisées en fonction de l'évolution des prix afin de préserver le pouvoir d'achat des retraités. Au 1er janvier 2026, elles avaient ainsi progressé de 0,9 %, conformément au mécanisme légal d'indexation sur l'inflation.
Pour 2027, l'exécutif cherche désormais à réaliser des économies sans appliquer nécessairement un gel à l'ensemble des retraités. Une absence totale de revalorisation des pensions pourrait permettre d'économiser jusqu'à 6 milliards d'euros, mais cette hypothèse semble pour l'heure écartée.
Le ministre de l'Économie a notamment évoqué cette semaine la piste d'une sous-indexation concernant les retraités les plus aisés. Concrètement, leurs pensions continueraient éventuellement à augmenter, mais moins rapidement que l'inflation.
Le scénario à trois taux permettrait d'aller plus loin dans cette logique en faisant varier la revalorisation en fonction du niveau de pension. Les petites retraites pourraient ainsi bénéficier d'une augmentation plus proche, voire équivalente, à l'inflation, tandis que les pensions supérieures seraient moins revalorisées.
Reste une question déterminante : où placer les seuils ? Le gouvernement devra définir à partir de quel montant mensuel un retraité serait considéré comme suffisamment aisé pour supporter une sous-indexation plus importante.
Un mécanisme différencié déjà utilisé par le passé
L'idée d'appliquer des revalorisations différentes selon le montant des pensions n'est pas totalement nouvelle. Un mécanisme comparable avait notamment été appliqué en 2020.
A l'époque, les pensions allant jusqu’à 2 000 euros bruts avaient bénéficié d’une revalorisation de 1 %, contre 0,3 % pour celles dépassant 2 014 euros. Afin d’éviter un effet de seuil trop brutal, trois taux intermédiaires avaient été instaurés : 0,8 % entre 2 000 et 2 008 euros, 0,6 % entre 2 008 et 2 012 euros et 0,4 % entre 2 012 et 2 014 euros.
Cette expérience pourrait nourrir les réflexions actuelles du gouvernement. L'objectif serait notamment d'éviter qu'une différence de quelques euros de pension entraîne brutalement une revalorisation beaucoup moins avantageuse.
La mesure envisagée pour 2027 reste toutefois à préciser. Le nombre de catégories, les seuils retenus et les taux appliqués détermineront à la fois les économies réalisées par l'État et l'impact concret sur le pouvoir d'achat des retraités.
La question de la désindexation est d'autant plus délicate que les tentatives de gel ou de moindre revalorisation des pensions provoquent régulièrement de fortes oppositions politiques.
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Lors de la préparation du budget de la Sécurité sociale pour 2026, le gouvernement avait initialement envisagé un gel des pensions. Cette mesure avait finalement été écartée et les retraites de base avaient été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier.


