Détroit d’Ormuz : un porte-conteneurs de CMA CGM attaqué, Washington temporise face à Téhéran

Le navire San Antonio a été pris pour cible mardi dans le détroit d’Ormuz, sur fond de tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran. Des marins blessés ont été évacués, tandis que Washington suspend son dispositif d’escorte maritime.
Le regain de tension dans le détroit d’Ormuz a franchi un nouveau cap. Le porte-conteneurs San Antonio, exploité par le groupe français CMA CGM, a été visé par une attaque mardi 6 mai lors de son transit dans cette zone stratégique du commerce mondial. L’armateur a confirmé les faits : plusieurs membres d’équipage ont été blessés, évacués et pris en charge médicalement, tandis que le navire a subi des dommages. Aucun marin français ne se trouvait à bord au moment des faits.
Cet incident intervient dans un contexte diplomatique particulièrement instable. À Washington, Donald Trump a annoncé dans la foulée la suspension de son dispositif militaire baptisé « Project Freedom », qui visait à escorter les navires marchands dans le détroit. Une pause présentée comme tactique, le temps de laisser une fenêtre à d’éventuelles négociations avec Téhéran. Le président américain précise toutefois que le blocus visant les ports iraniens, instauré mi-avril, reste pleinement en vigueur.
Sur le plan diplomatique, les signaux restent contradictoires. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, assure que la phase offensive du conflit est désormais close, affirmant que les États-Unis ont « passé ce stade ». Mais dans le même temps, Donald Trump maintient une pression verbale sur l’Iran, évoquant un cessez-le-feu fragile après de récents incidents en mer et des attaques contre les Émirats arabes unis attribuées à Téhéran.
Côté iranien, le discours oscille lui aussi entre ouverture et fermeté. Le président Massoud Pezeshkian se dit prêt au dialogue, tout en martelant que son pays ne cédera pas sous la contrainte. De son côté, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, accuse directement les États-Unis et leurs alliés de mettre en danger la sécurité du transport maritime international.


