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À Salazie, Arléo fait fleurir l’art contemporain au cœur des Hauts

Ecrit par S.I. – le jeudi 7 mai 2026 à 08H43
Le festival Arléo s’appuie sur la participation active des habitants du cirque. (Photo d'archives © Benoît Davroux)

Entre remparts, îlets et brumes matinales, le cirque de Salazie devient une scène vivante. Le festival Arléo y déploie une nouvelle édition pensée comme une immersion artistique totale.

Arléo revient en 2026 pour une troisième édition très attendue, confirmant son ancrage unique dans les Hauts de La Réunion. Du 8 au 10 mai, le cirque de Salazie et le village de Hell-Bourg se transformeront en vaste terrain d’expérimentation artistique à ciel ouvert, où installations, performances, musique et créations in situ viendront dialoguer avec un décor naturel exceptionnel.

Hell-Bourg, théâtre à ciel ouvert de la création contemporaine

Créé en 2022 à l’initiative de La Réunion des Talents et de la commune de Salazie, Arléo est aujourd’hui le seul festival d’art contemporain des Hauts de l’île. Pensé comme un événement pluridisciplinaire et entièrement gratuit, il mêle arts visuels, danse, théâtre, musique, installations et pratiques participatives.

Sa singularité tient autant à sa programmation qu’à son ambition : faire de l’art un levier de lien social, de transmission et de développement territorial.

Pour son directeur artistique et opérationnel, Tanguy Séva-Denuet, cette édition 2026 s’inscrit dans la continuité d’un projet profondément enraciné : "Arléo et le projet du territoire de Salazie sont entièrement connectés. Les œuvres que vous allez découvrir ont été créées sur place, après plusieurs semaines de résidence."

Le chouchou comme symbole d’une création vivante

Cette nouvelle édition explore une thématique organique et symbolique : "Génération fertile". Inspirée du chouchou, plante emblématique du cirque de Salazie, la programmation interroge les notions d’héritage, de transmission et de création collective. Une génération qui, comme les racines du chouchou, s’étend, s’adapte et transforme son environnement.

Pendant trois jours, le festival invite le public à "explorer, ressentir, créer", dans une immersion artistique où le territoire devient matière première. Avec près de 50 artistes mobilisés cette année, Arléo renforce son modèle fondé sur la résidence longue. La majorité des créateurs sont installés entre un et trois mois dans le cirque afin de produire des œuvres directement nourries par le territoire.

Cette approche donne naissance à des formes artistiques singulières : un solo de saxophone dans les thermes, de la harpe sur les balcons, ou encore des installations intégrées aux paysages naturels de Salazie.

Le festival investira également un lieu inédit : l’ancien RSMA de Hell-Bourg, réinvesti en mode "urbex" artistique, symbole d’une mémoire réactivée par la création contemporaine, insistent les organisateurs. 

Performance artistique dans les rues de Hell-Bourg, transformées en scène à ciel ouvert. (Photo d'archives © Benoît Davroux)

Les Rhizomes : un festival qui s’étend toute l’année

Bien avant l’ouverture officielle, Arléo s’est déployé dans les îlets du cirque à travers les Rhizomes d’Arléo. Huit événements artistiques ont déjà été organisés dans les quartiers de Salazie : concerts, performances et ateliers dans les espaces de proximité. Ces actions constituent les premières "graines" du festival, selon son équipe artistique, et prolongent son impact bien au-delà du temps de l’événement.

Autre dispositif structurant : Les Éclats d’Arléo, un programme de dix semaines d’insertion par la création artistique mené avec France Travail. Douze participants en recherche d’emploi ou en reconversion ont été accompagnés par des artistes et des coachs pour concevoir trois œuvres collectives présentées pendant le festival. Une démarche qui associe création et reconstruction professionnelle.

Arléo 2026 s’appuie également sur un important travail en milieu scolaire. Quatre résidences artistiques ont été menées dans les établissements de Hell-Bourg, Mare à Vieille Place et Mare à Citrons, impliquant directement les élèves dans la création d’œuvres exposées pendant le festival.

Un festival vécu "avec" les habitants

Au-delà de la programmation, Arléo revendique une philosophie de proximité. Une démarche saluée par les habitants du cirque, régulièrement impliqués dans les ateliers et les résidences. "Arléo, c’est aussi prendre un café à la boulangerie ou discuter dans le jardin d’un habitant. Le projet vit avec les gens du territoire", explique Tanguy Séva-Denuet. Près de 200 habitants ont déjà contribué à des ateliers ou à des créations artistiques depuis le lancement du festival.

Si Arléo est profondément enraciné à Salazie, il attire aussi des artistes venus de l’océan Indien et d’ailleurs : Maurice, Madagascar, France hexagonale ou encore Singapour.

En trois éditions, Arléo s’est affirmé comme un festival ouvert, où les disciplines artistiques se croisent au contact du paysage et des habitants de Salazie. Installations, musique, danse ou performances s’intègrent directement dans les lieux de vie, sans séparation entre scène et décor. "Arléo ne se pense pas comme n’importe quel festival, mais vraiment comme un temps pour le territoire et du territoire", conclut Tanguy Séva-Denuet. 

"Arléo ne se pense pas comme n’importe quel festival, mais comme un temps pour le territoire et du territoire", souligne Tanguy Séva-Denuet (à droite), le directeur artistique d'Arléo. Ici aux côtés de Nathalie Thiaw-Kine, présidente de La Réunion des Talents, et de Jerry Ayan, du Fonds La Réunion des Talents.

Toute la programmation à retrouver sur www.arleo.re

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