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Saison cyclonique 2025-2026 : intense dans le bassin, meurtrière à Madagascar, mais sans impact direct à La Réunion

Ecrit par J.D. – le mercredi 6 mai 2026 à 06H30
(Source Météo France Réunion)

Plus active que la normale, la saison cyclonique dans le Sud-Ouest de l’océan Indien a été marquée par des phénomènes puissants et destructeurs, notamment à Madagascar. Malgré cette intensité, La Réunion et les territoires français ont été globalement épargnés.

La saison cyclonique 2025-2026 dans le Sud-Ouest de l’océan Indien affiche un niveau d’activité supérieur aux normales, sans atteindre toutefois les sommets de l’année précédente. Dans son bilan provisoire arrêté au 1er mai, Météo-France recense 11 systèmes nommés, dont 10 purement tropicaux et un subtropical, un chiffre légèrement au-dessus de la moyenne. Parmi eux, six ont atteint le stade de cyclone tropical, dont quatre au niveau de cyclone intense, confirmant une saison « plus active que la normale mais moins remarquable que la saison précédente ».

« L’intensité conséquente et durable des phénomènes les plus intenses a contribué à un niveau élevé d’activité »

Au-delà du nombre de systèmes, c’est leur intensité et leur durée de vie qui ont marqué la saison. « L’intensité conséquente et durable des phénomènes les plus intenses a contribué à un niveau élevé d’activité », souligne Météo-France, avec une énergie cyclonique cumulée (ACE) supérieure de plus de 20 % à la normale. Un indicateur qui place cette saison dans le tiers supérieur des années les plus actives.

Le démarrage, lui, sort clairement des standards. « On observe en 2025 un démarrage de l’activité perturbée tropicale encore plus atypique, en plein cœur de l’hiver austral », relève l’organisme. Une première tempête, Awo, est ainsi baptisée dès le 7 août, un événement rarissime, inédit depuis 1996 sur ce bassin. Deux autres systèmes suivent avant novembre, une configuration peu fréquente, avant une pause d’environ deux mois.

Le cœur de saison, concentré entre fin décembre et fin février, s’est en revanche révélé particulièrement dense. « Pas moins de 6 phénomènes cycloniques nommés se succèdent » sur cette période, dont cinq atteignent le stade de cyclone. À elle seule, cette séquence de 60 jours concentre « plus de 85 % de l’ACE totale de la saison ». Parmi ces systèmes, Dudzai se distingue par sa longévité, avec plus de 11 jours d’activité, tandis que Gezani s’impose comme l’épisode le plus marquant.

(Source Météo France Réunion)

70.000 sinistrés à Madagascar

Car c’est Madagascar qui a payé le plus lourd tribut cette saison. En l’espace de dix jours, l’île est frappée par deux cyclones majeurs. Fytia, d’abord, touche terre le 31 janvier dans le nord-ouest du pays, provoquant inondations et destructions, avec 12 morts et plus de 70.000 sinistrés. Mais c’est surtout Gezani qui marque durablement les esprits. Le système atteint le stade de cyclone tropical intense avant de frapper la région de Toamasina le 10 février. « Le mur de l’œil du météore frappe la ville (…) avec des vents dévastateurs estimés à plus de 190 km/h et des rafales supérieures à 270 km/h », précise Météo-France. Le bilan est lourd : au moins 63 morts, des milliers d’habitations détruites et plus de 140 millions de dollars de dégâts.

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Dans ce contexte régional particulièrement actif, les Mascareignes ont été épargnées. « Contrairement à la saison précédente, les territoires français ont été épargnés par cette activité cyclonique », insiste Météo-France. À La Réunion, seule une influence périphérique du cyclone Fytia est observée début février, sans conséquences notables. Cette absence d’épisodes marquants s’est traduite par une saison des pluies particulièrement déficitaire. « Le déficit est particulièrement criant sur l’est et l’intérieur de l’île (moitié moins d’eau que la normale) », note l’organisme.

Même tendance à Mayotte, restée à distance des systèmes les plus dangereux, confirmant des prévisions saisonnières jugées globalement fiables. « Cette prévision s’est vérifiée », souligne Météo-France, qui anticipait une activité « normale à excédentaire ».

« On n’exclut pas un dernier système tardif au cours du mois de mai 2026 »

Reste que cette saison rappelle la vulnérabilité persistante de la région. Le cyclone Horacio, devenu intense à une latitude inhabituellement basse, est ainsi passé à environ 200 kilomètres de Rodrigues à son pic d’intensité. « Cela nous rappelle que, même si les Mascareignes ont été épargnées cette saison, ces territoires restent potentiellement exposés à des phénomènes cycloniques d’intensité majeure », prévient Météo-France.

Un constat qui s’impose d’autant plus que la saison n’est peut-être pas totalement terminée. « On n’exclut pas un dernier système tardif au cours du mois de mai 2026 », glisse encore l’organisme. Une incertitude de fin de cycle qui prolonge, jusqu’au bout, la vigilance dans un bassin toujours sous tension.

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