CINOR : trois communes unies derrière Jacques Lowinsky

Jacques Lowinsky a été élu président de la CINOR ce mercredi 8 avril 2026. Fruit d’un accord entre Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, cette élection acte une gouvernance partagée et un rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’intercommunalité du Nord de La Réunion.
Jacques Lowinsky prend la tête de la Communauté intercommunale du Nord de La Réunion (CINOR) dans un contexte d’entente politique entre les trois communes membres. Cette élection marque la volonté des élus de privilégier une approche collective et concertée. "Ce résultat, qui va au-delà des majorités, est un signe encourageant pour le futur de la CINOR et la méthode que nous portons", a-t-il déclaré.
"Trois communes, trois territoires, une ambition commune"
Le nouveau président affiche une ligne claire, axée sur la proximité et l’efficacité. "Je souhaite être le président de l’action, de l’hyper proximité et du dialogue", a-t-il indiqué.
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Il inscrit également son mandat dans une logique de cohésion territoriale. "Trois communes, trois territoires, une ambition commune", a-t-il ajouté.
Dans un discours riche en images et en références locales, il a notamment évoqué Edmond Albius, le jeune esclave de Sainte-Suzanne qui a découvert la technique de fécondation manuelle de la vanille : "Une présidence ambitieuse dans les actes, discrète dans la mise en scène. Une présidence dont l’action porte des fruits durables, même discrets : ti lamp ti lamp."
Jacques Lowinsky a présenté trois valeurs fondamentales qui guideront sa mandature : considération, solidarité et pragmatisme. Selon lui, ces principes permettront de renforcer le lien avec les habitants, de construire des solutions durables et de favoriser le consensus entre élus et communes. "La première valeur, c’est la considération pour chacun d’entre vous, pour nos agents et pour nos concitoyens. La deuxième, c’est la solidarité dans nos instances, en cherchant le consensus. Et enfin le pragmatisme : avancer par étapes, tester, évaluer, corriger, progresser", a-t-il insisté.
Un équilibre politique redéfini entre les communes du Nord
L’un des enjeux majeurs de cette nouvelle mandature repose sur la répartition des responsabilités. Le partage des postes a été négocié afin de garantir un équilibre entre les territoires. Le cabinet du président conserve une structure stable, avec trois collaborateurs issus chacun des communes. Au sein du bureau communautaire, la répartition des 15 vice-présidences évolue : 7 pour Saint-Denis (8 avec la présidence), 4 pour Sainte-Marie et 4 pour Sainte-Suzanne.
Ce rééquilibrage tranche avec la précédente mandature, où Saint-Denis dominait plus largement sous la présidence de Maurice Gironcel, avec 9 vice-présidences. Cette organisation traduit un compromis politique assumé, visant à limiter les tensions et à renforcer la coopération intercommunale.
Les maires au cœur de la nouvelle gouvernance
Les trois maires ont joué un rôle central dans la construction de cette nouvelle gouvernance. La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, met en avant une méthode inédite. "Nous nous sommes d’abord mis d’accord sur une vision, une ambition et un programme d’action, avant de choisir un président", souligne-t-elle.
Elle insiste également sur le rôle spécifique du président. "Le président n’est pas maire, ce qui lui permet de se consacrer pleinement à la gouvernance de la CINOR", ajoute l'édile dionysienne.
Malgré leur place dans l’exécutif, les maires revendiquent une logique collective. "Ce qu’il faut retenir, c’est notre envie de travailler ensemble et notre ambition de réussir ce territoire", martèle-t-elle.
À Sainte-Marie, Céline Sitouze salue un rééquilibrage attendu. "Il est essentiel que les droits de Sainte-Marie soient respectés au sein de la CINOR", affirme-t-elle. Elle rappelle également les attentes locales. "La CINOR doit être le bras armé de nos communes pour permettre la réalisation de nos projets", ajoute la maire de Sainte-Marie.
Même position à Sainte-Suzanne, où Alexandre Laï-Kane-Cheong insiste sur la responsabilité partagée. "Cette gouvernance s’inscrit dans un mandat de dialogue et de responsabilité", explique-t-il. Il reste toutefois vigilant. "Nous serons attentifs à ce que les projets de Sainte-Suzanne soient pleinement intégrés, notamment dans le budget et la programmation des investissements", précise-t-il.
Emploi, transports, environnement : les priorités de Jacques Lowinsky
Le nouveau président de la CINOR fixe des priorités claires pour son mandat, avec un accent particulier sur l’emploi et le développement économique. "Je serai le président de l’emploi. Ce n’est pas un slogan, c’est un engagement", assure-t-il.
Parmi les dossiers structurants figurent également les transports, la gestion de l’eau, les déchets et les transitions économiques et environnementales.
Face aux défis du territoire, Jacques Lowinsky appelle à une action rapide. "Quand le territoire est frappé, on n’observe pas, on agit", conclut-il.
Si l’accord entre Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne marque une volonté d’apaisement, sa traduction concrète reste à observer.
Entre équilibre politique, gouvernance collégiale et poids du chef-lieu, les prochaines décisions de la CINOR seront déterminantes pour confirmer cette nouvelle dynamique au service du territoire Nord.
Bureau communautaire de la CINOR :
Président : Jacques Lowinsky
1ère vice-présidente : Ericka Bareigts (Saint-Denis)
2e : Céline Sitouze (Sainte-Marie)
3e : Alexandre Laï-Kane-Cheong (Sainte-Suzanne)
4e : Jean-Pierre Marchau (Saint-Denis)
5e : Renée Guédama (Sainte-Marie)
6e : Victor Tevane (Sainte-Suzanne)
7e : Julie Pontalba (Saint-Denis)
8e : Daniel Convert (Sainte-Marie)
9e : Geneviève Bommalais (Saint-Denis)
10e : Yassine Mangrolia (Saint-Denis)
11e : Yanis Marinier (Sainte-Marie)
12e : Valérie Manciet (Sainte-Suzanne)
13e : Patrice Boulevart (Saint-Denis)
14e : Sonia Bardinot (Saint-Denis)
15e : Hubert Ilan (Sainte-Suzanne)



