Revenir à la rubrique : Faits divers

Deux caïds de Bras-Fusil jugés pour des violences sur les gendarmes et une série de cambriolages

Ecrit par Lucas Candessoussens – le jeudi 26 mars 2026 à 07H37

Deux jeunes hommes étaient jugés dans trois dossiers différents lors d’une audience du tribunal correctionnel pour des violences, d’une part contre un Bénédictin, et d’autre part sur des gendarmes. Ils sont par ailleurs impliqués dans deux autres dossiers de multiples vols survenus en 2024.

On peut dire que l’audience était quasiment dédiée à eux. Le tribunal a passé plusieurs heures à juger le cas de Yacine Z. et Saïd A. Au total, leur nom était inscrit par trois fois sur le rôle du tribunal correctionnel daté du 24 mars 2026.

Commençons par le premier dossier, et pour cela, il faut remonter à mars 2024. À la gare routière de Saint-Benoît, une bagarre éclate. Saïd A. et Yacine Z. sont impliqués, et un homme surgit pour maîtriser ce dernier.

Lire aussi : Plus d’un million d’euros d’amende et deux ans ferme pour le faux couple de mules arrêté à Gillot

Pour sauver son dalon, Saïd A. pique les lunettes de l’inconnu pour lui faire lâcher prise. Or, ils ne veulent pas en rester là. Plus tard dans la soirée, lui et Yacine Z. retrouvent l’homme à Bras-Fusil. Il est seul, eux sont au moins huit.

S’ensuit un lynchage durant lequel la victime tente de se défendre avec son casque de moto. Il va écoper d’un coup de couteau et de sabre sur le corps.

Altercation avec les gendarmes

La victime décide de porter plainte pour ces violences : il parvient à identifier Saïd A., que l’on surnomme « Ti Coq », et Yacine Z., surnommé « Kaya ». Quelques mois plus tard, en juin 2024, un nouveau fait va les impliquer.

Dans la soirée, les gendarmes patrouillent à Bras-Fusil. Deux individus sont avec un motocross non homologué sur le bitume. À la vue des gendarmes, les deux hommes prennent la fuite. Alors que les forces de l’ordre s’arrêtent pour vérifier l’état du motocross, plusieurs individus cagoulés surgissent, munis de galets. Ils s’en prennent aux gendarmes et à leur véhicule.

Plus tard, Saïd A. et Yacine Z. sont formellement identifiés.

Refus d’obtempérer

Entre-temps, lors d’un contrôle routier, Saïd A. refuse de s’arrêter face aux demandes des gendarmes. L’homme roule sans casque.

Grâce à des recoupements d’informations, ils sont finalement convoqués par les forces de l’ordre en 2025, ce qui conduit à l’audience correctionnelle de ce mardi 24 mars 2026. Entre-temps, les deux hommes ont été condamnés à de la prison dans un autre dossier (difficile à suivre hein ? Ce n’est pas terminé).

Interrogés au tribunal sur les faits de violences, les deux reconnaissent avoir participé à une bagarre. Cependant, Saïd A., lui, assure que c’est la victime qui a d’abord cherché des noises. Or, comme le lui rappelle le président, sa version est contredite par les déclarations des témoins.

Pas leur premier coup

Les deux « terreurs » de Bras-Fusil n’ont pas de peine à reconnaître avoir été présents pour l’épisode du motocross, le président leur demandant ironiquement si les gendarmes devaient leur servir de cible à caillasser…

Sans avocat pour les représenter, les deux jeunes hommes marmonnent des excuses envers les victimes dans ce dossier, dont les gendarmes. Saïd A. présente 17 mentions sur son casier judiciaire, Yacine Z., lui, deux. Ils sont pour l’heure en détention.

Dans son réquisitoire, le ministère public déplore le fait que les deux jeunes hommes pensent pouvoir « faire la loi » dans le quartier de Bras-Fusil. « Un dossier détestable », peste la procureure : elle requiert 36 mois de détention pour Saïd A. et 24 mois de détention pour Yacine Z., avec maintien en détention pour les deux.

Jugés pour une série de vols dans l’Est

Mais ce n’est pas terminé ! En effet, les deux jeunes hommes doivent répondre d’une série de trois cambriolages survenus au cours de l’année 2024.

Ils ont visé des particuliers, en dérobant chez eux tout ce qui pouvait avoir de la valeur. L’une des victimes s’est vu dérober plus de 10.000 euros d’économies devant servir pour son mariage. Là, les deux hommes sont confondus grâce à deux éléments : la caméra de vidéosurveillance d’une entreprise voisine d’une maison cambriolée, ce qui permet d’identifier la voiture de Yacine Z. au moment des faits.

Le second élément est le bornage téléphonique de leurs téléphones qui, au moment des trois cambriolages, sont à proximité des lieux… Pour cela, la procureure requiert une peine de 18 mois d’emprisonnement pour Yacine Z. et deux ans d’emprisonnement pour Saïd A.

Jamais deux sans trois…

Enfin, lors de cette même audience du mardi 24 mars, Saïd A. et Yacine Z. étaient impliqués dans un troisième dossier, toujours pour des vols. Cette fois-ci, deux autres personnes étaient à leurs côtés au tribunal.

L’un d’eux met en cause Saïd A. et Yacine Z. pour le cambriolage de trois sociétés à Saint-Benoît. Si, à l’audience, l’homme réfute énergiquement avoir « balancé » ses camarades, ce n’est pas ce qui ressort du procès-verbal de garde à vue.

Pour ce troisième dossier, la procureure requiert une peine de 10 mois de prison avec maintien en détention pour Saïd A. et Yacine Z.

Le tribunal doit rendre sa décision le 28 avril prochain.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :