Flambée des cours du pétrole : la commission carburants de l’OPMR interpelle la préfecture face au risque de hausse des prix en avril

La commission carburant de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) a sollicité une audience auprès des services de l’État. L’objectif est d’anticiper une possible hausse des prix à la pompe dès avril, dans un contexte de forte tension sur les marchés pétroliers et le transport maritime.
La hausse des carburants pourrait se profiler dans les prochaines semaines à La Réunion. Face à cette perspective, la commission carburant de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) a demandé officiellement une audience auprès de la préfecture, par l’intermédiaire du secrétariat général pour les affaires régionales (SGAR), afin d’exposer ses propositions et d’ouvrir rapidement une discussion avec les acteurs concernés.
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L’objectif est d’anticiper une augmentation qui pourrait intervenir dès la fixation des prix du mois d’avril, dans un contexte marqué par la flambée récente des cours du pétrole et les tensions qui affectent également le transport maritime.
Pour Jocelyn Cavillot, vice-président de l’OPMR, les signaux sont déjà bien identifiés. « On sait que la hausse va arriver. On connaît tous le niveau de cotation depuis le début du mois. Sur les quinze premiers jours, on peut déjà mesurer la progression et l’impact que cela peut avoir sur les prix des carburants », explique-t-il.
Selon lui, ces éléments justifient d’engager rapidement des échanges avec les services de l’État et les professionnels du secteur. « L’idée est d’anticiper et de ne pas attendre la publication des prix pour découvrir l’ampleur de la hausse. »
Une cotation déjà observée
À la différence de l’Hexagone, les carburants vendus à La Réunion ne sont pas directement indexés sur le Brent, mais sur la cotation Platts de Singapour, qui sert de référence pour les produits raffinés. Cette cotation peut évoluer différemment des références européennes et se révèle parfois plus élevée. Or, ces derniers jours, les marchés ont fortement réagi aux tensions internationales. Le Brent a enregistré une progression spectaculaire, entraînant dans son sillage les cotations des carburants raffinés utilisés pour l’approvisionnement des territoires de l’océan Indien.
« Les quinze premiers jours donnent déjà une indication assez claire de la trajectoire des prix », souligne Jocelyn Cavillot. Le 15 du mois constitue en effet une étape importante dans le processus d’évaluation. À cette date, les services du pôle C de la DEETS disposent d’une première estimation consolidée de la cotation utilisée pour le calcul des prix.
« À partir du 15, on aura une idée assez précise de l’évolution de la cotation », précise le vice-président de l’OPMR. « Il manquera encore la partie transport, mais on pourra déjà avoir une première estimation du prix CAF (Coût Assurance Fret). »
Des tensions aussi sur le transport maritime
Au-delà de la cotation des carburants raffinés, le transport maritime constitue également une variable importante dans la formation des prix à La Réunion. Or ce secteur subit lui aussi les conséquences des tensions géopolitiques et des perturbations observées sur certaines routes maritimes internationales.
L’augmentation des coûts de fret et des assurances maritimes pourrait ainsi venir amplifier l’impact de la hausse des cotations pétrolières.
Dans ce contexte, la commission carburant de l’OPMR espère pouvoir réunir rapidement autour de la table les services de l’État et les acteurs du secteur afin d’examiner les marges de manœuvre possibles.
« On espère pouvoir se réunir rapidement pour discuter de la situation et voir quelles solutions peuvent être envisagées », indique Jocelyn Cavillot.
Si la tendance actuelle se confirme dans les prochaines semaines, la hausse des carburants pourrait être l’une des plus marquées observées à La Réunion depuis 2022.


