Sabrina Ramin veut “ramener la sécurité et la sérénité” à Saint-Benoît

investie par le RN, la conseillère régionale a présenté ce dimanche 8 mars, depuis le quartier d’Olympe, sa liste et les grandes lignes de son projet pour Saint-Benoît. À ses côtés, on retrouve notamment la députée européenne RN Marie-Luce Brasier-Clain qui figure en cinquième position sur la liste.
"Sabrina Ramin, votre candidate RN"... Pas de faux-semblant. La flamme, le logo du RN, figure en évidence sur le programme de la candidate. Sabrina Ramin assume pleinement son ancrage politique avec lequel elle espère cette fois transformer l'essai après ses deux candidatures de 2014 et 2020.
Lors des dernières élections municipales, elle s’était classée au premier tour en deuxième position derrière Patrice Selly avec 316 voix d'écart seulement (19,64 %). Au second tour, elle avait maintenu sa candidature et était arrivée de nouveau en deuxième position, devant la liste d’union menée par Patrick Dalleau, rejoint à l’époque par Philippe Le Constant et Jean-Luc Julie.
En 2014, elle avait totalisé 13,01 % des suffrages sans se maintenir au second tour, dans un scrutin remporté par Jean-Claude Fruteau à l'époque.
Pour cette troisième tentative, la candidate dit arriver avec “un programme clair, réalisable, honnête et sans promesse démesurée”, porté par une équipe composée, selon elle, “d’hommes et de femmes compétents dans leurs domaines”. Son cap, assure-t-elle, tient en quelques mots : “ramener la sécurité, la sérénité, la stabilité dans cette commune”.

La sécurité érigée en priorité
Sans surprise, la sécurité occupe la première place. Sabrina Ramin en fait le premier pilier de sa campagne, d’autant plus après avoir été victime d’un cambriolage à son domicile en fin de semaine dernière.
“Je me suis fait agresser à mon domicile. Des personnes malhonnêtes se sont introduites à mon domicile vers deux heures, trois heures du matin. Au-delà de ce qu’on a perdu de matériel, c’est une grande souffrance morale. Plus jamais ça à Saint-Benoît”, a-t-elle déclaré.
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La candidate estime que ce qu’elle a vécu illustre une situation plus large dans la commune. “Beaucoup de familles nous ont dit qu’elles se sentent en insécurité, peu importe le quartier. Il n’y a pas que Bras-Fusil. Dans l’ensemble des quartiers de Saint-Benoît, nos concitoyens se sentent en insécurité. Et pour preuve, moi, candidate à la mairie, j’en ai fait les frais.”
Elle pointe notamment le manque d’éclairage public, qu’elle présente comme l’un des facteurs aggravants. “Beaucoup trop de quartiers de Saint-Benoît et de Sainte-Anne se trouvent dans le fénoir. C’est un élément qui engendre l’insécurité”, a-t-elle affirmé, reprochant au maire sortant et à son équipe un manque “d’anticipation” et “de vision”.

Routes, équipements : un plan de “remise à niveau”
Au-delà de la sécurité, Sabrina Ramin promet un “grand plan de rénovation” touchant à la fois les routes, l’éclairage public, les écoles, les équipements sportifs et les infrastructures de proximité.
Elle a notamment cité les deux piscines de la commune qu’elle juge insuffisamment opérationnelles. “Rien n’a avancé pendant ces six ans”, a-t-elle lancé, dénonçant “beaucoup d’argent gaspillé” pour des équipements qui, selon elle, ne remplissent pas leur rôle au service des habitants.
Sur le plan financier, elle attaque frontalement le bilan de l’équipe sortante. Pour Sabrina Ramin, “l’investissement n’a pas été la priorité” d’une municipalité qu’elle accuse d’avoir privilégié l’événementiel au détriment du cadre de vie. “Leur priorité, c’était faire la fête toutes les semaines, faire la fête tous les mois, casser les oreilles de nos gramounes”, a-t-elle dénoncé, tout en précisant ne pas être opposée au principe d’animations dans la commune.
Une charge sévère contre Patrice Selly
Comme lors de sa précédente prise de parole, Sabrina Ramin ne mâche pas ses mots vis-à-vis du maire sortant. Elle évoque “une équipe incompétente”, “sans vision”, et un “bilan très médiocre sur tous les plans”. Selon elle, la baisse de l’endettement communal ne peut pas être mise au crédit de la municipalité actuelle.
Elle pointe l'aide de l’État dans le cadre du COROM, le contrat de redressement des outre-mer, ainsi que d’une aide complémentaire, et accuse Patrice Selly de s’en attribuer indûment le mérite. “Ce n’est pas Patrice Selly et son équipe qui ont trouvé des solutions. C’est l’État qui a octroyé à Saint-Benoît cette aide financière”, a-t-elle soutenu.
Rappelant son appartenance à l’ancienne majorité, “il a eu le temps, le financement nécessaire pour travailler. Vous avez été incapables, vous n’avez pas été à la hauteur, vous avez été très médiocres”, a-t-elle insisté, appelant les électeurs à “les sanctionner dès le premier tour”.
“Non, je ne tourne pas ma veste”
Sur son programme comme dans son discours, le soutien du parti de Marine Le Pen est assumé. Sabrina Ramin récuse toute accusation d’opportunisme.
“Non, je ne tourne pas ma veste”, a-t-elle répondu à une question sur ce point. “En 2021, j’ai fait un binôme au conseil départemental avec la première adjointe de Johnny Payet. En 2022, j’ai accordé mon soutien à Marine Le Pen. C’est une suite logique de mes engagements depuis un bout de temps.”
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Elle dit avoir fait ce choix parce que “la droite est inexistante maintenant à La Réunion” et parce que le RN est, selon elle, “le parti du peuple à l’heure actuelle”. Un engagement qu’elle entend prolonger au-delà des municipales, en liant déjà l’échéance locale à la présidentielle de 2027.

Marie-Luce Brasier-Clain : “Une immigration maîtrisée”
Venue appuyer la candidature de Sabrina Ramin, la députée européenne RN Marie-Luce Brasier-Clain a évoqué “une même et unique boussole : le quotidien et le bien-être de notre ville”, appelant à “sortir Saint-Benoît de l’enlisement”. Elle figure en cinquième position sur la liste de Sabrina Ramin.
Dans son intervention, la députée européenne a aussi mis en avant des exemples de gestion municipale portés par le RN dans l’Hexagone, citant notamment des baisses d'impôts à plusieurs reprises à Hénin-Beaumont, fief du RN. Elle appelle par ailleurs à une “immigration maîtrisée”, à Saint-Benoît comme à l'échelle de La Réunion.
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“La sécurité va au-delà de Saint-Benoît. C’est toute la Réunion qui est un peu gangrenée”, acquiesce l'ancienne conseillère départementale.
"Le terrain nous est très favorable"
La candidate estime être dans une bonne dynamique : “Le terrain nous est très favorable.” Convaincue d’être en position favorable, Sabrina Ramin se dit persuadée d'arriver en tête dès le premier tour. Elle appelle à “une large mobilisation de l’ensemble des Bénédictins.”
Et si ce n’était pas le cas, elle appelle déjà à une large mobilisation au second tour. “Au premier tour, on est adversaires. Au second tour, on doit être des alliés”, a-t-elle déclaré.
Interrogée sur une possible alliance avec Jean-Hugues Ratenon (qui a lui déjà annoncé décliner la possibilité), elle ne veut pas donner de noms en particulier, en répétant qu’elle souhaitait rassembler largement pour “faire battre Patrice Selly”.


