CINOR : Débrayage en cours dans les déchetteries de Sainte-Marie et Sainte-Suzanne

Un mouvement de débrayage est en cours ce mardi dans les cinq déchetteries de la Cinor à Sainte-Marie et Sainte-Suzanne. À l’appel de la CGTR, les agents protestent contre l’attribution récente du marché de gestion des déchetteries à une nouvelle société, dont la situation financière suscite des inquiétudes parmi les salariés.
Selon le délégué CGTR de Valderun, Eddie Parvedy, le marché a été attribué en novembre dernier à la société STMIG, mais les agents n’auraient appris que récemment que l’entreprise retenue était en redressement judiciaire, une procédure ouverte le 31 janvier. La prise d’effet du marché est intervenue le 21 janvier, pour une durée de trois ans.
“Les salariés sont très inquiets”, explique le représentant syndical. “L’entreprise ne compte que trois salariés et va devoir en intégrer onze supplémentaires. On se demande comment elle pourra assumer les salaires et garantir la pérennité de l’emploi.”

Une crainte pour les "acquis sociaux"
Au-delà de la question financière, les agents craignent surtout la perte de leurs acquis sociaux. Le délégué syndical s'inquiète du maintien de la prime de participation, de la prime d’intéressement et des œuvres sociales, faute d’effectif suffisant pour permettre leur maintien dans la nouvelle structure.
“Ce n’est pas seulement une inquiétude, c’est une certitude”, affirme le syndicat. “Pour bénéficier de ces dispositifs, il faut un certain nombre de salariés, ce qui ne sera pas le cas.”
Les représentants du personnel demandent à rencontrer un responsable de la Cinor afin d’obtenir des garanties sur le maintien des droits des agents et, plus largement, de revoir les conditions d’attribution du marché. Pour le moment, aucune rencontre n’a encore eu lieu, ni avec la collectivité, ni avec le nouveau prestataire.
Un débrayage tournant
Le marché de Saint-Denis a lui été attribué à une autre entreprise, Valderun, celle qui détenait jusqu'alors celui de l'exploitation des déchetteries de Sainte-Suzanne et de Sainte-Marie.
Le mouvement de ce mardi prend la forme d’un débrayage tournant, avec une heure de grève suivie d’une heure de reprise du travail, et ainsi de suite tout au long de la journée. Il s’agit d’une première action, mais le syndicat n’exclut pas un durcissement du mouvement en l’absence de réponses concrètes.
“Les salariés ont déjà connu des situations très difficiles par le passé”, commente le délégué syndical. “Ils ont le sentiment de faire aujourd’hui deux pas en arrière. Ils ne veulent pas revivre ce qu’ils ont déjà vécu.”
Contactée, la Cinor se veut rassurante. “Le marché est couvert par la convention collective nationale des activités du déchet. Il y a une obligation de reprise du personnel”, indique Yoland Savrimoutou, directeur général adjoint de la Cinor en charge du pôle Transition écologique. Il précise que la société attributaire est sortie de sa procédure de redressement judiciaire, avec un étalement de sa dette sur dix ans.
“La reprise du personnel doit se faire obligatoirement avec les mêmes conditions”, ajoute le cadre, tout en renvoyant au secteur privé la responsabilité de conduire les discussions sociales avec les salariés concernés.


