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Nuits sans lumière 2026 : une année à haut risque pour les pétrels de Barau

Ecrit par Zinfos974 – le lundi 2 mars 2026 à 18H05
Selon la SEOR, jusqu'à 1 200 oiseaux pourraient s'échouer cette année (archives).

La campagne « Nuits sans lumière » aura lieu du 3 avril au 3 mai et s’annonce particulièrement sensible. Selon la Société d’études ornithologiques de La Réunion (SEOR), jusqu’à 1.200 jeunes pétrels de Barau pourraient s’échouer lors de leur premier envol. Un niveau de risque supérieur à celui observé certaines années en raison d’une configuration lunaire défavorable.

Espèce marine endémique de La Réunion classée en danger d’extinction, le pétrel de Barau niche sur le massif du Piton des Neiges. Chaque année, au début de l’hiver austral, les jeunes prennent leur premier envol de nuit pour rejoindre l’océan. Lors de cette phase critique, ils s’orientent naturellement grâce à un repère lumineux naturel. En 2026, la proximité de la nouvelle lune avec le pic d’envol prive une grande partie des juvéniles de ce repère, les rendant particulièrement vulnérables à la pollution lumineuse.

Les périodes « rouges », en début et en fin de période d’envol, correspondent à un risque élevé d’échouage. Il est alors recommandé de limiter au maximum les éclairages extérieurs en soirée, avec une extinction des éclairages sportifs dès la tombée de la nuit.
La période « noire », du 9 au 28 avril, est la plus critique : ces 19 nuits concentrent 92 % des échouages attendus. Durant cette phase, les réductions d’éclairage doivent être maximales et intervenir dès 18h30, avec une extinction impérative des éclairages sportifs et l’absence d’événements nocturnes éclairés.

Un risque d’échouage accru en avril

D’après les projections de la SEOR, entre 880 et 1.200 pétrels pourraient être retrouvés échoués entre le 3 avril et le 3 mai. L’association souligne que ces estimations pourraient être dépassées en cas de conditions météorologiques défavorables ou de maintien d’un niveau élevé d’éclairage nocturne, comme cela avait été observé en avril 2024, avec 1351 échouages recensés pour 830 initialement attendus.

La période la plus critique est clairement identifiée. Du 9 au 28 avril, qualifiée de « période noire », 92 % des échouages sont attendus sur 19 nuits consécutives. Le risque est maximal entre 18h30 et minuit, moment où les jeunes pétrels quittent leur site de reproduction.

Un appel renforcé à la réduction des éclairages

Face à cette situation, la SEOR appelle l’ensemble des gestionnaires d’éclairages publics, privés et sportifs, à renforcer leurs efforts de réduction ou d’extinction des lumières extérieures durant toute la période de la campagne. Une attention particulière est demandée pour les équipements sportifs, dont les éclairages sont invités à être éteints dès la tombée de la nuit, avec un report des activités en journée lorsque cela est possible.

L’objectif est de limiter au maximum la désorientation des oiseaux lors de leur envol et de réduire le nombre d’échouages, souvent mortels en l’absence d’intervention humaine.

Un dispositif de sauvetage mobilisé

Chaque année, la campagne « Nuits sans lumière » s’accompagne d’un important dispositif de sensibilisation et de sauvetage. En cas de découverte d’un pétrel échoué, la SEOR rappelle qu’il doit être récupéré immédiatement, placé dans un carton fermé, sans eau ni nourriture, puis signalé à l’association. Sans prise en charge rapide, l’oiseau n’a aucune chance de survie.

Cette mobilisation s’inscrit désormais dans une dynamique plus large. Depuis janvier 2026, la SEOR est engagée dans le projet européen Life OVERSEAS destiné à renforcer les actions de conservation de l’avifaune menacée dans plusieurs territoires ultramarins, dont La Réunion. La lutte contre la pollution lumineuse y constitue l’un des axes majeurs, dans un contexte où l’édition 2026 des Nuits sans lumière est présentée comme un test crucial pour la protection des pétrels de Barau.

Etiquettes : Environnement | Pétrels | SEOR

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