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Paul Vergès : "L'Outre-mer est dans l'impasse"

Les mêmes causes provoquent-elles les mêmes effets ? Paul Vergès, sénateur et ex-président du Conseil régional, prédit un avenir sombre à la Réunion et à tout l'Outre-mer en 2012. Pour le leader du Parti communiste réunionnais, la fin de la prime Cospar en janvier pourrait servir de détonateur, à la manière de la révolte de la vie chère aux Antilles il y a deux ans.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 15 novembre 2011 à 07H58

Le parallèle avec les événements de révolte contre la vie chère aux Antilles en 2009 est vite fait pour le sénateur Paul Vergès. Celui-ci fait part sur son blog d'un avenir incertain pour les sociétés ultra-marines. 2012, année ô combien chargée politiquement, est aussi l'année d'un nouveau tour de vis budgétaire annonce Paul Vergès.

"Aujourd’hui, l’Outre-mer est dans une impasse. Et les événements semblent se répéter. La crise guadeloupéenne est née, en 2009, de la protestation de la population sur le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. La crise s’est étendue à la Martinique, à la Guyane puis à la Réunion. Face à la mobilisation des ultramarins, le gouvernement français s’est vite trouvé débordé et a improvisé des solutions. C’est par exemple "la prime COSPAR" qui prend fin au 31 décembre 2011.

Deux ans plus tard, c’est à Mayotte, que les mêmes causes (le coût exorbitant des produits de première nécessité) produisent les mêmes effets (la mobilisation du peuple, depuis un mois et demi). Là encore, le gouvernement a été débordé, une ministre, un médiateur, un ancien préfet notamment s’y sont rendus et en sont très vite partis.

A ces crises touchant les Départements d’outre-mer, il faut ajouter les mouvements concernant la Calédonie et la Polynésie. Il n’en reste pas moins vrai que, même si les motifs sont différents, la crise atteint tout l’outre-mer.

A nouveau, face à la généralisation de ce mécontentement des outre-mers, le gouvernement actuel ne semble pas prendre la mesure du problème. Celles et ceux qui seront aux postes de responsabilités en 2012 sont-ils conscients de la gravité de la situation ?", demande Paul Vergès. Pour lui, les mesures de rigueur annoncées la semaine dernière ne sont que les premières d'une longue série.

Un nouvel effort de 7 milliards prédit Paul Vergès

"Chacun a pu voir les signes avant-coureurs d’une aggravation de la situation. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2012 a été établi sur l’hypothèse d’un taux de croissance de 1,75% ; le gouvernement vient de baisser cette prévision à 1%, ce qui s’est traduit par la nécessité de trouver 7 milliards de plus au budget. Mais selon les économistes, ce taux de croissance devrait être de 0,6%. Ce qui est probable, puisque le taux de croissance pour le dernier trimestre 2010, en France est de 0% !

Le gouvernement français a procédé déjà en deux fois à des "tours de vis budgétaires" : le premier d’un montant de 12 milliards, le second de 7 milliards. Et compte tenu du contexte, et du taux de croissance qui n’atteindra pas 1%, à la fin du premier semestre 2012, il y aura certainement un nouveau réajustement budgétaire de 7 milliards.

Ainsi, en 2012, la situation va s’aggraver avec la combinaison des crises grecque, italienne, espagnole et française créant des interactions qui ne seront pas de nature à stabiliser la situation".

 

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