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Forêts en feu et chargeurs d' l'eau

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 6 novembre 2011 à 15H09

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Il nous été donné l'occasion, en diverses communications, d'insister sur le fait que l'identité de l'île de la Réunion -mon île- tenait surtout à l'authenticité de son peuplement végétal originel et que l'indifférence d'un trop grand nombre à l'adresse de ce patrimoine floristique portait gravement atteinte à cette identité.

Les incendies forestiers de ces derniers jours, viennent à propos nous rappeler qu'il importerait de développer un système d'actions éducatives et culturelles propres à faire prendre aux Réunionnais -et de tous les milieux- conscience de l'inestimable valeur de leur patrimoine et de se l'approprier sous peine de le voir partir en fumée comme les 2900 ha du Maïdo privés maintenant de leur parure d'origine.

Rappelons que, sur ce même site, 4.000 ha avaient déjà été dévastés en 1988, que 800 autres avaient suivi en 2010 et que 60 ha avaient été la proie des flammes à la Roche Écrite en 2006.

"Je mettrai tout en œuvre pour que l'incendie du Maïdo ne se reproduise plus". C'était, paraît-il, de notre Ministre de l'outre-mer après le sinistre de 2010.

Donc, ou bien les moyens étaient inadaptés, inopérants, ou bien rien n'a été fait. Comme il n'y aura ni responsables de ce désastre, ni coupables de ces actes criminels, sauf à condamner un pyromane, nous n'ajouterons pas au concert des accusations de désengagements, de mensonges et d'incompétence invoquées à ce propos. Nous signalons quand même -au moins à titre d'interrogation- qu'il aurait été relevé un certain nombre de graves dysfonctionnements dans les chaînes de surveillance et d'alerte et que des mesures de prévention tirées de l'expérience des incendies précédents, communiquées aux autorités locales, n'auraient pas été respectées. Il n'y a pas de fautes insignifiantes quand il y a le feu, quand l'incendie fait rage.

En marge des brumeuses questions de présomption de culpabilité c'est sur un terrain qui nous tient à cœur celui de notre identité, de notre dignité, que nous allons, à la lumière de l'embrasement de nos indigènes, examiner ce que ces incendies révèlent. Tandis que les pompiers courent après les flammes qui, elles, soumettent brandes et tamarins, nos hommes politiques sont pour moitié encore à se remettre d'un surprenant coup du Saint-Esprit -pour sûr- suite à une pêche aux voix miraculeuse dans notre Sud Sauvage, et pour moitié à faire de la politique. Nous les payons pour.

L'incendie au Maïdo ? Ben quoi ? Band' la y connaît ; band' la y décident… Y'a qu'à laisser faire quoi ! C'est le problème des pompiers, celui de l'État. Et ban' la – y compris le patron du SDIS paraît-il - a décidé que l'avion charroyeur d' l'eau, le Dash 8, déclaré inopérant "ne serait pas la meilleure solution" parce que :
- 1 - il serait peu maniable ;
- 2 - le feu se propage dans le sol ;
- 3 - l'altitude et le relief des zones incendiées ne lui permettront pas de bombarder efficacement.

À partir du 25 octobre, date de déclaration du sinistre, les Réunionnais seront abreuvés de ces déclarations de spécialistes, experts et autres masters chargeurs d' l'eau jusqu'au 31, enfin, où l'annonce de l'envoi de deux bombardiers d'eau sera faite. Un enthousiaste de s'exclamer alors sur Réunion Premiaire : "Le patrimoine mondial de l'UNESCO est bien défendu par la France". Ouais, dix jours d'attente, un millier d'hommes mobilisés sur le terrain, et 3000 ha de forêt naturelle dévastés : champagne !

Vient alors la question : pourquoi cette décision a-t-elle été prise aussi tardivement ? Comment la Sécurité civile à Paris a-t-elle pu s'opposer à l'emploi, en temps opportun, d'avions bombardiers d'eau, arguments fallacieux à l'appui, jusqu'à contraindre le préfet à se dédire ? Pas un de nos élus, ou autre autorité, du plus grand au plus petit, n'aura eu assez de caractère, de personnalité, bref de crédibilité, pour amener quelque pantouflard à Paris à afficher un peu plus de considération pour les Réunionnais et lui sortir de l'esprit qu'un incendie de milieu naturel à l'île de la Réunion n'est pas un point de détail.

L'épisode que nous venons de vivre n'est pas sans rappeler celui du chikungunia ! Fût-elle désobligeante, la remarque est à faire : il court une pratique de l'attentisme, de l'absence jusqu'à la désertion de nos instances locales dès qu'il s'agit de défendre notre île dans les diverses facettes de son identité : "pas là ec ça - band' la y décident"… comme par exemple -j'insiste encore- à propos du viol de notre toponyme dont personne n'aurait entendu parler et auquel tout le monde souscrit complaisamment maintenant.

Cherchez l'erreur. Voilà sur quoi nos endémiques calcinés nous invitent à méditer.

À la revoyure !

Yves COLETTE

 

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