À La Réunion, les foyers « complexes » restent bien plus nombreux qu’en métropole

Selon l’Insee, 7 à 8 % des ménages réunionnais sont « complexes », c’est-à-dire composés de plusieurs familles ou de plusieurs générations sous un même toit. Ce mode de vie, plus fréquent qu’en métropole, témoigne à la fois de la force des solidarités familiales et des contraintes économiques pesant sur les foyers.
À La Réunion, la cohabitation intergénérationnelle reste une réalité bien plus répandue qu’en métropole. Près de 27.500 ménages, soit 7 à 8 % des foyers de l’île, sont qualifiés de ménages complexes, selon une étude publiée par l’Insee dans son Focus n°365. Ces ménages regroupent soit plusieurs générations d’une même famille (parents, enfants, grands-parents), soit plusieurs familles distinctes partageant le même logement.
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En métropole, ce type de cohabitation ne concerne qu’un foyer sur cent. L’écart s’explique notamment par le poids des traditions familiales à La Réunion, mais aussi par le coût du logement et la précarité économique.
Les ménages multigénérationnels constituent une sous-catégorie de ces foyers complexes : ils rassemblent au moins deux générations d’une même famille, par exemple un couple avec enfants et un grand-parent. À La Réunion, ils représentent près de 3 % des ménages, un chiffre stable depuis les années 1990, quand la métropole a vu cette part diminuer.
Des conditions de logement plus difficiles
Les ménages complexes vivent plus souvent dans des logements exigus : près d’un tiers d’entre eux sont en situation de suroccupation, contre 12 % des autres foyers. Si cette proportion reste inférieure à celle observée dans d’autres territoires ultramarins comme Mayotte (71 %) ou la Guyane (66 %), elle traduit néanmoins la tension persistante sur le marché du logement réunionnais.
Les femmes représentent 59 % des adultes de ces ménages, soit six points de plus que dans les autres foyers. Ces structures familiales comprennent davantage de familles monoparentales, souvent dirigées par des femmes, et présentent des taux d’emploi plus faibles : le taux d’activité des 15-64 ans y est inférieur d’environ cinq points à celui du reste de la population réunionnaise.
Pour l’Insee, ces ménages complexes traduisent autant une solidarité familiale forte qu’une adaptation aux difficultés économiques. Vivre à plusieurs générations permet de partager les frais de logement ou de garde d’enfants, mais révèle aussi une fragilité sociale persistante. Malgré la stabilité de leur proportion depuis trente ans, ces foyers demeurent un marqueur structurel du modèle social réunionnais.


