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Budget 2026 : un examen sous tension à l’Assemblée, entre lenteur, censure et menace de dissolution

Ecrit par N.P. – le mardi 28 octobre 2025 à 12H04
(Photo : © Pierre Marchal - Anakao Press)

Le calendrier budgétaire s’avère plus que jamais contraint pour le gouvernement. En renonçant au 49.3, Sébastien Lecornu prend le risque d’un examen interminable du projet de loi de finances, sur fond de menaces de censure et d’incertitudes politiques majeures.

L’Assemblée nationale avance à pas comptés sur l’examen du projet de loi de finances 2026. En vertu de la Constitution, les députés disposent de cinquante jours pour voter le budget, faute de quoi le gouvernement pourra le finaliser par ordonnances. Un scénario qui paraît de plus en plus probable tant le rythme des débats s’avère laborieux. À ce stade, seule une infime partie des milliers d’amendements déposés a pu être examinée. La lenteur des discussions s’explique par la densité des échanges et la décision du ministre de l’Économie Sébastien Lecornu de ne pas recourir à l’article 49.3, contraignant l’hémicycle à étudier chaque proposition.

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La situation fait craindre un dépassement du calendrier. Les députés doivent clore la partie « recettes » du budget d’ici au 4 novembre, avant de passer au volet « dépenses », mais les jours de séance manquent. Les oppositions, toutes tendances confondues, dénoncent un blocage organisé. Pour certains élus, le gouvernement aurait intérêt à laisser filer le temps : en cas d’impasse, il pourrait faire adopter le budget par ordonnances sans vote final. Conscients du risque, les socialistes ont choisi de limiter leurs propres amendements pour ne pas allonger davantage les débats.

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Menace de censure si...

Mais derrière le casse-tête parlementaire se cache un enjeu plus politique : la menace d’une censure. Le PS prévient qu’il déposera une motion si aucun compromis n’est trouvé sur la taxation des plus hauts patrimoines. Le parti défend une version allégée de la « taxe Zucman », prévoyant un impôt minimum de 3 % sur les fortunes supérieures à 10 millions d’euros, avec des exemptions pour les entreprises familiales et innovantes. En cas d’adoption d’une motion de censure, Emmanuel Macron pourrait être contraint de dissoudre l’Assemblée, comme il l’a déjà évoqué.

Un tel scénario, toutefois, deviendrait presque ingérable au-delà du 15 novembre. Passé ce délai, une dissolution empêcherait le vote des « lois spéciales » indispensables pour faire fonctionner l’État sans budget voté, puisque de nouveaux députés ne pourraient être élus et installés avant la date limite du 19 décembre. Une dissolution tardive plongerait ainsi le pays dans une situation institutionnelle inédite sous la Ve République.

Entre le pari risqué du renoncement au 49.3, la lenteur des débats, les menaces de censure et le spectre d’une dissolution impossible à maîtriser, l’examen du budget 2026 s’apparente désormais à un exercice d’équilibriste dont l’issue reste hautement incertaine.

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