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En prison pour trafic de zamal au Tampon, l’étudiante veut retourner à la fac

Ecrit par S.G. – le dimanche 19 octobre 2025 à 18H04

Incarcérée début septembre pour un important trafic de zamal, une Tamponnaise de 22 ans a fait appel pour « reprendre ses études ».

Larges lunettes à monture épaisse, sage chemisier à rayures et visage juvénile, la détenue dans le box n’a pas l’allure des « stupeux » auxquels la cour est habituée. Condamnée en comparution immédiate le 12 septembre dernier à 18 mois de prison ferme par le tribunal de Saint-Pierre pour trafic de stupéfiants, la Tamponnaise de 22 ans a fait appel afin de pouvoir « reprendre (s)es études », explique-t-elle.

Culture indoor, argent liquide et arme à feu

Tout a commencé quelques jours plus tôt par un contrôle inopiné des gendarmes dans une maison du Tampon, d’où s’échappe « une forte odeur de cannabis. » Et pour cause : quand les militaires pénètrent dans la propriété habitée par un agriculteur, ils découvrent une table couverte de zamal en train d’être conditionné par petits paquets. L’homme qui y trône reconnaît aussitôt se livrer à la production et au trafic. 34 kg d’herbe, 52 plants, du matériel de culture indoor, plusieurs sommes d’argent en liquide, des véhicules et une arme à feu sont saisis durant l’enquête qui démarre.

Voiture et petits cadeaux

Outre le propriétaire des lieux, les gendarmes interpellent sur place une jeune femme de 22 ans, vite identifiée comme participant au trafic en conditionnant la marchandise, en faisant le guet et en rabattant des clients. Etudiante à l’université en Master 2 Sciences du langage, la suspecte s’est ainsi assurée un train de vie confortable depuis plus d’un an, tirant les bénéfices de ce business illégal. Près de 7 000 euros sur son compte ou en liquide, une Peugeot 308, un Ipad, un MacBook « offerts » par le cultivateur, et un voyage en Thaïlande prévu dans quelques jours « pour faire une étude linguistique », assure-t-elle…

Enfance difficile

« Je l’ai aidé quelques fois, mais c’est lui qui gérait tout » se défend encore la prévenue, seule à avoir fait appel quand le « boss » et son complice de neveu ont écopé de trois et deux ans ferme. « J’ai reçu de l’argent, des cadeaux, mais je lui faisais le ménage, les courses, la cuisine », justifie-t-elle encore.

Et l’étudiante tamponnaise de mettre en avant une enfance « difficile », avec un père incarcéré pour tentative de meurtre et une mère avec qui elle ne s’entend pas.

"Elle s'est payée la tête des gendarmes"

Pas de quoi attendrir le ministère public « surpris de la banalisation du trafic de stupéfiants et de l’argent facile. » Et de mettre en doute « la sincérité » de l’appelante, qui a « finaudé » avec les gendarmes lors de la découverte d’un trafic qui aurait généré près de 400 000 euros sur deux ans.

« Elle a d’abord fait mine d’être muette, puis d’être une étrangère qui ne parlait que l’anglais. Elle s’est payée la tête des gendarmes, usant de mensonges et de dissimulation. Elle a fait le choix délibéré de participer à un trafic lucratif », illustre l’avocat général en réclamant six mois de prison supplémentaires.

« On la considère comme l’égérie du trafic, la corruptrice en chef alors qu’elle n’était qu’une petite main, une jeune fille facile à manipuler et entraînée dans la drogue par le véritable responsable, celui qui a créé la plantation », plaide Me Alain Le Bras en défense. « Mais elle n’a jamais été condamnée, elle a déjà quatre ans de fac et peut bénéficier du sursis », conclut l’avocat. La cour rendra sa décision le 4 décembre.

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Etiquettes : Le Tampon | Trafic de drogue | Zamal

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