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Comparutions immédiates : l’alcool (quasiment) toujours derrière la violence

Ecrit par L.C – le samedi 18 octobre 2025 à 17H47

Tout au long de cette semaine, les audiences de comparution immédiate ont vu défiler différents profils. Leur point commun ? La consommation d’alcool des trois protagonistes.

Le premier cas qui nous intéresse se déroule à Saint-Benoît : un jeune homme est jugé pour avoir frappé son ex-compagne. Cette dernière, le matin du 7 octobre, est sur le parking de sa résidence. Tout à coup surgit son ex-compagnon. Une dispute éclate et la pauvre est rouée de coups.

Le soir, rebelote : l’homme surgit à nouveau à proximité du domicile de son ex-compagne et la roue à nouveau de coups. Tirage de cheveux, coups de poing… Les gendarmes, qui arrivent après avoir été appelés par les voisins, vont retrouver la victime avec des plaies à vif sur le visage.

Interpellé à une rue du domicile de son ex, l’homme est passablement ivre : deux grammes dans le sang, incapable de signer son procès-verbal. Après un passage en cellule de dégrisement, il s’avère que le mis en cause est le père des deux enfants de la victime. Un mois avant les faits, il avait été condamné par le tribunal pour des faits… de violences conjugales, avec interdiction de paraître chez elle.

Selon lui, le problème, c’est elle

L’homme n’en démord pas face à la justice : tout est la faute de son ex-compagne. D’après lui, elle lui aurait dit de passer, puis aurait commandité une agression par deux gros bras… Quand on lui demande pourquoi il se trouvait près de son domicile malgré l’interdiction, l’homme répond que c’était pour voir ses enfants.

Quand la présidente lui explique que des témoins l’ont vu agresser la victime, là aussi il trouve une explication : il réfute en expliquant que les fameux témoins sont des voisines ayant une dent contre lui…

Employé dans une entreprise de pose de réseau de fibre optique, l’homme est pourtant inséré dans la société, comme va le rappeler son conseil. Le ministère public requiert une peine de huit mois de prison aménageable, avec une obligation de soins. La magistrate alerte sur la dangereuse consommation d’alcool du prévenu et sur la nécessité pour lui de freiner sa consommation.

Après en avoir délibéré, le tribunal décide de suivre le réquisitoire de la procureure.

Il agresse son frère avec un couteau

La seconde affaire implique deux frères. Jeudi 9 octobre, ils décident d’aller faire un tour dans un bar. Tous deux habitent la même maison. Mais au retour, le premier accuse le second de lui avoir volé sa carte bleue.

Après une soirée bien arrosée, le ton monte. L’accusateur file alors dans la cuisine récupérer un couteau et tente d’agresser son frère en lui intimant de sortir de la maison. La victime échappe au coup et s'en sort avec une simple estafilade. Les policiers sont prévenus, l’homme armé est interpellé.

Récidive et problèmes avec la bouteille

L’homme présenté à la barre ne nie aucunement les faits. Son frère, victime, décide de ne pas porter plainte, ni de se constituer partie civile. Il rappelle même que son agresseur est un type bien, « quand il ne boit pas ».

Or, l’individu a déjà été condamné par le passé pour des faits similaires. Face à cette situation, le ministère public déplore que l’agresseur ne reconnaisse pas son addiction maladive à l’alcool. La procureure requiert donc une peine aménageable de deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis, et l’obligation de se soigner.

Une peine redescendue à 18 mois, dont la moitié avec sursis, est prononcée par le tribunal, avec l’interdiction de paraître dans les débits de boissons.

Totalement ivre, il insulte un gendarme et n'en garde aucun souvenir

Pour cette troisième et dernière audience, direction Salazie. Un quinquagénaire est en difficulté et chute. Les sapeurs-pompiers interviennent pour lui venir en aide mais la victime se mue en agresseur : il insulte les soldats du feu. Devant la véhémence de l'homme, les gendarmes sont contactés.

Eux non plus ne sont pas épargnés : l'individu se met à les insulter. Graduellement, la violence verbale augmente. Il menace d'en tuer un, d'abord avec un sabre, puis à coups de fusil. Interpellé, l'homme s'avère être fortement alcoolisé. Sans domicile fixe, il vit dans une forêt jouxtant le domicile de sa sœur.

Un dossier triste, puisque l'homme demeure parfaitement coopérant une fois son ébriété passée. Déjà connu des services de justice pour avoir allumé un feu sauvage, le ministère public déplore de le revoir à la barre. La procureure pointe du doigt sa relation toxique avec l'alcool et demande une peine de quatre mois de prison avec la révocation de son sursis probatoire à hauteur de deux mois.

Malgré la plaidoirie de son avocat, qui demande un sursis probatoire renforcé pour venir en aide à son client "qui n'a pas sa place en prison", le tribunal a décidé de suivre les réquisitions du ministère public. Or, elle ne prononce pas la détention : une main tendue pour cet homme qui, reconnaissant ses torts, devra dédommager le gendarme invectivé et se présenter à un juge d'application des peines.

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