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Le concubin pyromane reste en prison

Ecrit par Eric Lainé – le dimanche 21 septembre 2025 à 07H24

Julian L., 39 ans, est incarcéré depuis qu’il est soupçonné d’avoir mis le feu chez son ex-compagne en point d’orgue d’une série d’actes malveillants. Mercredi, la chambre de l’instruction a décidé de le maintenir sous mandat de dépôt en dépit de ses dénégations.

Le 13 août dernier, un incendie se déclare dans une maison de Saint-Leu au beau milieu de la nuit. Il est environ 3 heures du matin quand la locataire, couchée dans une chambre au premier étage, est tirée brutalement de son sommeil. Impossible pour elle de s’enfuir par l’escalier car il est en feu.

Heureusement, des voisins se portent à son secours. Ils dressent une échelle sur la fenêtre. La jeune femme et ses deux chiens sont extraits de la maison en proie aux flammes. L’origine criminelle de l’incendie ne fait guère de doute. Les constatations font état de cinq départs de feu qui ont endommagés le domicile et la voiture de la victime.

Il met le feu à son t-shirt et menace de « cramer sa baraque »

L’enquête s’oriente aussitôt sur l’ex-petit ami de la jeune femme. La séparation du couple a en effet été émaillée de plusieurs incidents. Fin 2024, une violente dispute a éclaté entre eux lors d’une soirée festive. Elle s’est conclue par la destruction du t-shirt de la compagne auquel Julian L. a mis le feu devant des convives interloqués.

La séparation est devenue inéluctable mais il ne l’a jamais acceptée. Au début du mois de juin dernier, Julian L. a harcelé téléphoniquement son ex-compagne pendant près d’une semaine. Le 5 août dernier, il est revenu à la charge en menaçant « de lui cramer sa baraque » comme en attestent deux enregistrements audio.

Somnifères et tentative de suicide

Des témoins entendus par les enquêteurs ont confirmé ses menaces d’incendie tout comme le fait qu’il pouvait s’emporter facilement. Pour l’ensemble de ces faits, la victime n’est pas restée les bras croisés. Elle a systématiquement déposé plainte.

Juste après l’incendie de la maison, les gendarmes se sont rendus chez Julian L. Coïncidence, ils l’ont découvert à moitié inconscient avec des traces de coupure au niveau du cou et d’un bras. Il a déclaré aux militaires qu’il avait pris des somnifères avant de tenter de se suicider. Il a aussi laissé deux lettres sur place où il rejette toute la faute sur elle.

« Une relation toxique »

Par contre, Julian L. n’aurait pas bougé de chez lui cette nuit-là, réfutant toute part de responsabilité dans l’incendie. Il aurait dû être jugé devant le tribunal judiciaire de Saint-Pierre mais les juges se sont finalement déclarés incompétents après l’épisode de l’incendie criminel. D’où sa mise en examen et son placement en détention provisoire le 29 août dernier.

L’avocate générale n’a pas de doute : « Il y a un faisceau d’indices graves et concordants bien qu’il conteste les faits. » Elle souligne « la mauvaise foi de monsieur dans ce dossier avec un risque de pression sur la victime et les témoins ». La magistrate pointe aussi « un risque de réitération de l’infraction sachant qu’il refuse totalement la séparation et qu’il a adopté une posture de défense où il ne se remet pas en cause ».

L’avocate de la défense parle d’une « relation toxique » qui s’inscrit dans la durée et « qui pose la question de la manipulation de la partie civile ». Elle plaide en faveur d’un contrôle judiciaire strict voire d’une « assignation à résidence par le biais d’un bracelet électronique si besoin ». Les juges de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Saint-Denis ont finalement décidé de le maintenir en détention provisoire comme l'avait décidé le juge des libertés et de la détention (JLD) auparavant.

Etiquettes : Incendie

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